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4 (1740) Lettres F - H
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H Y G. H Y L.

faints Myftéres, & qu’on ne pourroit employer à des ufagesprofanes les matériaux qui y auroient une fois fervi. Jean Pear-fon & Henri Dodwel croyent qu’Hygin a gouverné depuis l’an122, jufqu’à l’an 126 ou 127. S. Pie lui fuccéda. * De JucceJf.primorum Romana Scdis Epijcoporum.

O' * Le Pontificat d’Hygin commence à l’an 140, & finit àl’an 143, fuivant Eufébe. Les anciens Catalogues des Papes,lui donnent, l’un quatre ans de Pontificat, un autre fix, & unautre douze; mais il faut s’en tenir à Eufébe; car, fuivant faintEpiphane, Marcion ne vint à Rome qu’après la mort de ce Pa-pe, & Tertullien affure que l’héréfie de Marcion a commencéfous Antonin le Pieux. Il eft certain que cette héréfie étoit ré-pandue vers l’an 1 50, quand faint Juftin préfenta fon Apologie.Ainfi dans le teins que Marcion vint à Rome,*. 1 ! n’avoit pas en-core publié fon héréfie: ce qui fait voir que la fin du Pontificatd’Hygin doit être placée avant l’an 150. Les deux LettresDécrétales qu’on attribue à Hygin, font fuppofées ; & ce qu’ona rapporté dans l’Article précédent de fon martyre, & des Ordon -nances qu’il avoit faites, n’eft nullement certain. * Eufebe,en fa Chronique , Hiftoire Eccléf. 7 . 4. Du Pin, Bibliothèque des Au.leurs Ecclèfiafiiques des trois premiers fiécles.

HYG 1 N , (C. Jules) Grammairien Efpagnol, ou, félonquelques autres , d’Alexandrie , étoit Affranchi d’Augufte, &ami d’Ovide. Les Auteurs anciens en parlent fouvent, & luiattribuent divers Ouvrages, que nous avons prefque tous per-dus. Nous avons fous fon nom les fables & 7 ’Ajlrmomicon Poe -ticum , qui ne font point fans doute de lui, la barbarie du ltyleen eft une preuve. Il paroît que c’eft un ramas de diverfes fa-bles fouvent oppofées les unes aux autres, & compilées par unAuteur du Bas Empire. * Suetone , de Iilufi. Gramm. Aulu-Gelle, 7 . i.c. 14: 1 10. c. 16. Macrobe, Saturnal. 1. 1. c. 7 : 7 .3. c. 4 & 8: 7 . 6. c. 9 Eufebe & faint Jerome, en fa Cbron. Cri-nitus, 7 . 3. c. 45. Voflïus, de Hifi. Lat. 7 . 1. c. 20. Volaterran.Vignier. Gefner. Th. Munckerus, in Dijfcrt.de Hyginis, &c.

H Y GRIS, ville ancienne de la Sarmatie Européenne. LesGéographes croyent que c’eft Sabardi, bourg de la petite Tartarie,

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* TT YL A R ET (Maurice) naquit le feptiéme Septembre

LA 1539 à Angoulême, de Jean Hylaret, Marchand de cet-te ville, & de Françoife Texaudider. Après avoir fait une par-tie de fes études dans fa patrie ,il entra le 14 Janvier 1531, n’é-tant encore que dans fa douzième année, dans l’Ordre des Cor-deliers, & y fit profeilîon l’année fuivante. Il vint enfuite à Pa-ris, où il acheva fes études jufques à la Philofophie, après quoiil retourna l’an 1557 à Angoulême, où après une année de fé-jour il fut ordonné Prêtre à l’âge de 19 ans. Son deffein étoitde fe faire recevoir Docteur, ainlî il revint peu après â Parispour l’exécuter. Il y fit d’abord fes trois années de Théologie,au bout defquelles il fe vit en état d’enfeigner lui-même les au-tres : fonction à laquelle il employa près de douze ans, & qu’ilcommença l’an 1362, par un Cours de Philofophie, après le-quel il profefla la Théologie jufqu’à l’an 1571- Se trouvant en1566 au Chapitre Provincial de fon Ordre qui fe tenoit à Châteaudun, il difputa en forme avec un Minittre de la ReligionRéformée, nommé Godet, fur lequel, fi l’on en croit l'Auteurde fa Vie, il remporta une victoire complette. Il fe mit fur lesbancs de Sorbonne l’an 1568, & y fut reçu Doéteur deux ansaprès, fuivant la coutume. Ce fut alors qu’il s’appliqua tout debon à la prédication, qui l’occupa uniquement depuis. La répu-tation qu’il acquit en ce genre, le fit appeller en 1572 à Orléans,où il a demeuré jufqu’à la fin de fa vie. Il nous apprend lui-même qu’il avoit prêché dans cette ville onze Carêmes : ce quifait voir qu’on ne s’y lafioit pas de l’entendre. Il en a prêchéaulG d’autres dans piufieurs Cathédrales du Royaume, qui le re-cherchoient à l’envi l’une de l’autre. Pendant les troubles qui agi-tèrent de fon tems le Royaume, il fe laiflfa entraîner à l’efprit defaction qui animoit la plupart des Moines & des Prédicateurs. Ilfut même un des plus ardens promoteurs de laiLigue par fes Ser-mons féditieux, & par les Confrairies du nom de Jéfus & duCordon de S. François , inftituées pour attacher davantage lepeuple à fes intérêts, dans lefquels il fit entrer les perfonnes lesplus confîdérables de la ville d’Orléans. Son zélé impétueux &turbulent lui aquit tellement l’eltime des Ligueurs, que lorfqu’ilfut mort, ils en firent un Saint 0 f un Compagnon de S. Paul , &en vinrent à une telle impatience que de dire que ce beau Père faifoit dansle Ciel la Trinité fécondé avec tes deux Guijes , comme le marquentles Mémoires de l’Etoile. Il mourut à Orléans, à la fin de l’an-née 1591, âgé de 52 ans, & fut enterré le premier Janvier dela fuivante. M. de l’Aubépine Evêque d’Orléans, aflifta à fesfunérailles, quoique ce Prélat eût eu beaucoup à endurer de ceMoine, qui ne pouvant fouffrir l’attachement qu’il avoit pourfon Prince, le déchirait dans fes Sermons, & refufoit opiniâtré-ment de fe foumettre à fon autorité. Henri Willot, & Wadingaprès lui, difent qu’on lui dreiïa à Orléans une ftatue de bronze,avec une Infcription à fon honneur ; mais il eft à préfumer qu’ilsfe trompent, & qu’ils lui attribuent un fait qu’Hylaret nous ap-prend lui-même appartenir à Philippe Picard, fameux Prédica-teur Cordelier, à qui on drefla une femblable ftatue. On a delui les Ouvrages fuivans, Sacra Décades quinque partita; Concio-nes Qmdragefimales atque Pafchalesnuméro quinquagmta, varia gP rtrarerum ac verborum J'upelle&ik apparatas inftruSfaJ'que compleélentes ;Concionum per Adventum Enneades facre, quatuor, Homilias trigintafex compleRentes ; Honulie in Evangelia Dominicalia per totum annum.M. Du Pin dans fa Table. des Auteurs Eccléfiaftiques met fousle tître d’Hylaret deux Traitez, l’un en forme de Remontrance,De non convenkndo cum Hareticis ; l’autre par forme de confeil,

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Dé non inettndo cum Haretica a Viro Catholico Conjugio. * Le PèreNiceron, Mémoires pour jervir à l’tiijl. des Hommes Illuftres, tome18. p■ 263 & juïv.

HYLAS, fils de Théodamas, enlevé par les Nymphes d’unefontaine, où il puifoit de l’eau pour Hercule, dont il étoit leFavori, & qui bâtit la ville de fon nom. * Strabon, 7 . 12. LaFable dit qu'Hercule étant parti avec les Argonautes, pour alleren Colchide, s’arrêta en Myfie, afin d’y chercher Hylas, queles Nymphes avoient enlevé. qui vient d’E/a, ou Allen

en Phénicien, c’eft à dire, du chêne, fignifie du bots en général.Hercule s’arrêta en Myfie , pour y couper du bois pour fairedes vaiifeaux ; mais on ne permit pas qu'il en coupât dans lesforêts confacrées aux Nymphes. C’eft-là l’origine de la fabled’Hylas. * Le Clerc, Bibliothèque Univerfelle, tome I.

H Y LIC A, nom que les Anciens donnoient à un Lac de laBéotie, qui eft appellé préfentement, le lac de Thèbes. Il eftplus petit que celui de Copaïs. Le Mont Cocino l’en fépare aunord, & le Mont Phœnicius ou Sphingis, à l’oueft. Ces deuxLacs fe communiquoient autrefois entre ces deux Monts. LePtoos eft au nord-eft du Lac d’Hyiica,& l’Hypatus entre le Lac& Thébes, au fud-fud eft. C’eft à travers cette dernière mon-tagne qu’il fe fait un chemin dans la mer au nord de l’Euripe.Ce Lac paroît être égal en longueur & en largeur, & n’a guéresplus de deux lieues de traverfe. 11 eft fort fouvent couvert d’oi-feaux fauvages, & l’on y trouve beaucoup de poiffon. * Whe-ler, Voyage de Grèce, tome 2. 7 . 3.

HYLiS, prefqu’lfle, ou promontoire, fur la Mer Adriati-que. * Pline , Etienne de Byzance. Elle s’étend du levant aucouchant le long des côtes de la Dalmatie, & eft fous la Répu-blique de Ragufe. On y voit encore quelques reftes du lieunomm è Pratorium maritmum, dont l’Itinéraire d’Antonin & lesTables de Peutinger font mention. C’eft maintenant Capo Cifia,félon le Noir, ou Sabïoncclla. D’autres difent S. Archangelo , ouMirara.

H Y L L U S, fils d’Hercule & de Déjanire, époufa Iole, fabelle-mère, dont il eut Iolas. Depuis, il fut chaflé par Eury-fthée & fe retira à Athènes, où Théfée le reçut. Lorfqu’il futretourné dans le Péloponnéfe, pour y rétablir la domination desHéradides, il fut tué par Echémus, Roi des Tégéates. * Ovi-de, Métam. 1. 9. Paufanias, in Mejfeniacis.

HYLOBIENS, forte de Philofophes parmi les anciens In-diens , ainfi nommez par les Grecs, parce qu’ils cherchoient desbois épais, pour s'adonner à la contemplation hors du commer-ce des hommes. Ce nom eft compofé du Grec 5 *», bois, & i&'at,vie. * Voffius, dans fon Traité des Sectes des Philofophes.

HYLOGONES, Peuples anciens d’Ethiopie. Ce nom quiveut dire nez aux forêts, leur avoit été donné , parce qu’ils ydemeuraient- Us étoient voifins des Xylophages, & on les ap-pelait aufli Chajfeurs. Comme ils occupoier.t des lieux remplisde bêtes fauvages & prefque fans aucune eau, ils paffoient lanuit fur des arbres pour n’être pas déchirez par ces animaux. Lematin ils alloient vers les fontaines avec leurs armes, & fe ca-chant entre l’épais des arbres, ils attendoient que quelque bêteparût. Lorfque le foleil jettoit fes rayons les plus ardens, lesbœufs fauvages & les léopards venoient boire à cès fontaines, &fe rempliffoient tellement d’eau, qu’ils étoient contraints de s’é-tendre fur la terre dans une efpéce d’affoupiiTement. Alors cesEthiopiens s’avançoient avec des flèches, & des pièces de boisdont la pointe étoit brûlée, & venoient aifément à bout de tuerces animaux, dont tous ceux qui étoient de cette chafte fai-foient bonne chère. S’il arrivoit qu’ils manquaffent de venai-fon, ils étendoient fur le feu les peaux des dernières bêtes qu’ilsavoient prifes, & après en avoir fait brûler le poil fur la cendrechaude, ils partageoient entre eux cette viande. Pour accou-tumer les jeunes garçons à tirer jufte de l’arc, ils ne leur per-mettoient jamais de manger, qu’ils n’euflent auparavant donnédans le blanc. * Davity. Diodore, 1. 3. c. 23.

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H Y M Æ A. Les Anciens appelaient ainfi Pille de Poméguéqui eft fur les côtes de la Provence.

HYMBURG, ou HAIMBOURG, bourg d’Allemagne,dans l’Autriche. Il eft près du Danube fur la frontière de laHongrie, & environ à dix lieues de la ville de Vienne. On prendce lieu pour l’ancienne Comagenum , petite ville de la HautePannonie. * Maty, Diét. Géogr.

HYMENE'E, Dieu qui préfidoit aux mariages, étoit filsde Bacchus & de Vénus. On le répréfentoit fous la figure d’unjeune homme blond, avec un flambeau à la main, & une cou-ronne de rofes. C’étoit le Dieu qu’on invoquoit dans les Epi-thalames. Les Poètes lui donnent encore une robe jaune &des fouliers de même couleur. Cette couleur étoit particuliére-ment affettée aux noces; car on lit dans Pline, que le voile del’époufée étoit jaune. La coutume des nouveaux mariez étoitaufli de porter le jour de leurs noces des guirlandes de fleurs,Cette coutume a été même en ufage parmi les Hébreux, & par-mi les Chrétiens, dès les premiers tems de l’Eglife, comme onle peut voir dans Tertullien, de Corona Militis. S. Chryfoftomefait aufli mention de ces couronnes de fleurs, que l’on mettoitfur la tête des nouveaux mariez, & encore aujourd’hui les Grecsappellent le mariage Zfpdtmftx , à caufe de la Couronne qu’onmet fur leur tête. * Pitifcus, Lexicon Antiquitatum.

HYMENE'E, Hérétique, qui du tems de faint Paul difoit,que la réfurreétion étoit déjà faite. L’Apôtre l’excommunia ,comme il le témoigne en écrivant à Timothée, I Epit. ch. 1. v.29. Et de ce nombre font Hymenée & Alexandre , que fai livrez à

Satan,