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4 (1740) Lettres F - H
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H Y A.

dateur de l’Ordre des Frères Prêcheurs. Hyacinthe âgé de treti-te-quatre ans, réfolut alors de prendre l’habit des mains de cefaint Patriarche ; & par une difpenfe du Pape, il ht profefflonau bout de fix mois, pour retourner plus promtement en Polo-gne avec "Ceflas fon couiin, fie deux Allemans de la fuite de l’E-vêque de Craco vie, qui avoient embraffé cet Inftitut en mêmetems. Lors qu’il arriva à Cracovie, il fut reçu comme un hom-me Apoitolique, envoyé de la part de fa Sainteté. L’Evêquefon oncle lui donna une maifon, pour y recevoir des Novices,& enfuite l’Egiife paroifliale de la Trinité, avec une place où ilfit bâtir unMonaftére. Après que ce Couvent fut étabii, S. Hya-' cinthe alla prêcher l’Evangile dans les païs du Nord, dont lesHabitans étoient ou Idolâtres ou Hérétiques.^ 11 palfa par laMalTovie & la Prude Royale, d’où il avança daùs la Poméranie,dans la Suède, dans le Danemarck, dans la Norvège & dansl’EcoiTe, opérant*p?.r-tout des convergions, fit établiflànt plufieursMonaftéres de fon Ordre. Eufuite il fit un voyage à Conllanti-nople; puis remonta dans la Grande Ruffie , appellée depuis Mof-covie, où il convertit plufieurs Payens à la Foi, & réunit ungrand nombre de Schifmatiques à l’Églife Romaine. Un fi heu-reux fuccès lui donna lieu de fonder un Couvent magnifique dansla ville de Kiovie , qui étoit alors Capitale de ce Duché ; maisles Tartares ayant afliégé cette ville, la prirent enfin d’aflaut.Comme ils étoient prêts d’y entrer, faint Hyacinthe prit le faintciboire, avec une Image de Notre-Dame, qui étoit d’albâtre,fie s’enfuit accompagné de fes Religieux, vers la porte de la villedu côté de la Pologne. Comme il n’y trouva point de bateaupour palier le Borifthéne ou Nieper, il traverfa cette rivière àpié fec, marchant fur les eaux comme fur la terre. Ses Religieuxpafférent fur fa chape, qui les porta à bord fans aucun danger.Saint Hyacinthe continua fon chemin jufqu’à Cracovie, où il de-meura deux ans; puis l’an 1243, il alla dans le pais des Tarta-res, qui Pavoient fait fuir de Kiovie, fie y convertit à la Foiplufieurs milliers de ces Infidèles. 11 avança même jufques dansla Grande Tartarie. Enfin étant de retour à Cracovie, il y mou-rut le 15 Août 1257, jour de l’AiTomption de la Vierge. SesMiracles ont été fi extraordinaires, pour leur qualité, qu’on luia donné le furnom de Thaumaturge, c’eft à dire, faifeur de mira-cles. On remarque qu’excepté les trois ans, pendant lefquels ilgouverna le Couvent de Cracovie , il ne voulut jamais accepteraucune fupériorité > ni aucune dignité de l’Eglife, ayant fouventrefufé des Evêchez, dont il prioit que l’on pourvût d’autres Re-ligieux de fon Ordre : ce qu’il faifoit, parce que tout fon but étoit de faire des Millions Apoftoliques , tic de prêcher la Foidans toutes les parties du Monde. * Malvenda, & les Annalesc (l'Ordre.

Voici quelques remarques que lefavant M. de Beaufobre fait dansun Commentaire qu’il a compofé fur un endroit du plaidoyer desJéfuites contre les Proteflans de Thorn, où il eft parlé de SaintHyacinthe, que les Polonois appellent Jaiko tic en Latin Jacicusou Jacntus. Ce Savant obferve que les Annales des Domini-cains qui mettent la fcéne de la fuite du Saint à Kiovie dans laRu.lîe, 3c qui lui font paffer leBoriithéne ou le Nieper, fe trom-pent, au moins fi l’on doit en croire les Hiftoriens Polonois fiel’Avocat des Jéfuites, qui difent que cela arriva à Viffegrod fur laViftule. Ce fut la flitue qui engagea le Saint à fe charger d’elleen lui adreflant ce di'cours: Quoi! mon fis Hyacinthe, vous fuyezfour ne pas tomber entre les mains des Tartares, & vous me laijfeztei en proye à ces IfJéles , qui vont me mettre en pièces & me fouleraux piez ? Je vous conjure de me prendre avec vous. Dlugos qui aécrit fon Hiftoire de Pologne vers l’an 1480, & Matthias Mie-choff ou Miechow qui finit fa Chronique en 1504, ne parlentpoint du transport de la flatue, mais difent Amplement,, qu’Hya-„ cinthe voulant paifer la Viftule tic ne trouvant point de ba-„ teau, étendit fa chappe furies ondes, & s’embarqua defliis„ avec fes trois confrères, Tlorien, Godwin tic Benoit; que ces„ quatre Moines traverférentle fleuve delà forte fans être mouil-,, lez, & que cela fut vu de tous les Habitans de Viffegrod ”.Dlugos raconte „ qu’au moment de la mort du Saint, il fut révé-„ lé à une très dévote Religieufe, que la Mère des miféneordes„ fuivie d’un grand nombre d’Anges defeendit du Ciel, pour,, venir prendre l’ame de faint Hyacinthe, & qu’elle chantoit„ avec ces Ef >rits immortels, ces paroles du Cantique des Can-„ tiques, J’irai à la montagne de la myrrhe , & au coteau qui pro-„ duü l’encèns Hyacinthe ne fut canonifé qu’environ trois-censquarante ou cinquante ans après fa mort, par Clément VIII. SelonDlugos , ce long retardement procéda de ce que les Polonois a-voient négligé les miracles du Saint, & de ce qu’ils n’étoient pasvenus à la connoiflance des Papes. * Bibliothèque Germanique,tome 10. p. 18 &c.

HYACINTHIDES, filles dont la nailfance, le nombre& les noms de chacune fe trouvent différemment rapportez dansquelques anciens Auteurs. Harpocration les fait filles d’Hyacin-the de Lacédémone. Apollodore, l. 3. eft de même opinion,& en compte quatre, qu’il nomme Anthéïs, Egle’is, Euthénis, ticLytée , ajoûtant que les Athéniens, par l’ordre d’un ancien Ora-cle , les immolèrent pour le falut public au tombeau du CyclopeGérefte. Quelques-uns, entre lefquels eft Démofthéne, Orat.Fun. les font filles d’Erechthée. D’autres en mettent fix, Protogènie, Pandore, Procris, Créilfe , Orythie, tic Chthonie; & difentque les deux premières foufFrirent d’être immolées fur un côteaunommé Hyacinthe, d’où elles furent toutes appellées Hyacinthi-des. Héfychius en fait auffi mention. Hygin, Fab. 238, n’enmet qu’une feule qu’il nomme Spariantis.

HYAC 1 NTHIES, fêtes que les Lacédémoniens célé-broient tous les ans au mois Hécatombéon à l’honneur d’Apol-lon & d’Hyacinthe, pendant trois jours. Le premier tic le troi-fiéme jour on avoit un air fort affligé à caufe de la mort d’Hya-cinthe. On y mangeoit fans avoir de couronnes fur la tête &

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fans goûter de pain: après le repas on ne chantoit aucun hym-ne , tic l’on ne faifoit dans ces deux jours rien d’extr2ordinaire.En récompenfe on s’abandonnoit à la joye le troifiéme jour, l’onfaifoit une cavalcade fur de beaux chevaux, on régaloit le pu-blic d’agréables fpeétacles, les Dames fe faifoient porter en chai-fe fur le théâtre, fit l’on otlroit quantité de facriüces. On n’ou-blioit pas non plus de bien traiter fa famille fit fes Domeltiques.* Gr. DiH. Univ. Holl. Meurlius, Gracia Feriata, Caftellanus &Fafoldus, de Feflis Grac.

HYADES, fept étoiles qui font à la tête du Taureau, &amènent de la pluye : ce qui les a fait nommer ainfi du nomGrec ««», qui lignifie pleuvoir, comme Ovide le témoigne auxFaites, /. j. v. 165 ,

Ora micant Tauri J'eptem radiantia flammis,

Navita quas Hyadas Graius ab imbre vocat.

Les Poètes dans leurs frétions les font Nourrices de Bacchus, éfcfeignent qu’en reconnoifiance de la nourriture qu’elles lui avoientdonnée, Jupiter les tranfporta au Ciel. Les uns les font fillesde Hyas fit de Béotie; les autres filles de l’Océan fit de Pleio-ne, fit leur donnent pour frère Hyas, dont la fin malheureufeles fit mourir de douleur. Les Latins les nomment Sucula, par-ce que lorsqu’elles fe lèvent , elles caufent ordinairement la plu-ye qui fait la boue, où elles femblent, dit-on , fe plaire commeles pourceaux que les mêmes Latins appellent fues. Sur leurnombre, leurs noms, fit les autres fables qu’on en raconte, Vo-yez Hygin, Aftnnomic. 21. Aulu Gelle, 1 . 13 c. 9.

H Y ALE, l’une des compagnes de Diane. Ovide, Metam.

I. 2. C’eft aufli le nom d’une ville à l’embouchure du fleuve In-dus , le Gouvernement de laquelle étoit fembiable à celui deSparte. On y créoit deux Rois de deux familles, qui condui-foient les affaires de la guerre, & des Magiftrats qui avoient lefoin de la Police. * Diodore, /. 17

HYAMAN, HYEMEN ou YEMEN, nom que les Ara-bes donnent à tout le pals qui fe trouve depjis le Cap de Rafal-gate.jufquesà celui de Mocanfan, nommé Azabor par Ptolomée.Ce font environ quatre-vint-fept lieues de côte, fur laquelle onvoit plufieurs places du Royaume d’Ormus; favoir Cala; ate, an-ciennement Metacum Curiale, Mafcat , Sar, Caliatus, Oifican,Doba fit Limma Ce pais eft proprement l’Arabie Heureufe, ticelle eft la partie la plus fertile de toute l’Arabie. * Davity, Arabie.

H Y B.

H YBLA, montagne de Sicile abondante en thym , & célé-bré pour fon excellent miel. Il y avoit une ville de cenom, qui lui fut donné de même qu’à la montagne, en mémoi-re d’un certain Hyblus, qui régnoit en ces quartiers-là. Strabondit qu’elle fut bâtie par les Doriens. Plufieurs Poètes en fontmention, fit entre autres Maniai, /. 11. Epigr. 43.

Mella jubés Hyblaa tibi, vel Hymettia nafei. 1

Etienne met trois villes de ce nom en Sicile , Hybla major ,maintenant Paterno, au pié du mont Etna, près du fleuve Sy-méthe, environ à 17 milles de Catane; Hybla minor, ou, félond’autres, Heraa, aujourd’hui Ragufe , en la vallée Neétine, àquinze milles de la Mer d’Afrique; Hybla parva , autrement Mé-gare, ville de la côte qui regardé le Levant, fit de laquelle ilrelie encore quelques ruines, près de l’embouchure de l’Allabe.Quelques-uns croyent qu’elle étoit un peu éloignée de la mer,à l’endroit où eft maintenant le lieu nommé Marilly. * Bochart,Geogr. p 584- 193 & 604.

HYBREAS, Habitant deMylafa. aujourd’hui Mélaffo, vil-le delà Natolie, après avoir étudié à Antioche, revint à My-lafa, & s’adonna au Barreau, où il fit admirer fon éloquence. Ils’avança dans les charges publiques, & s’aquit prefque autant d»pouvoir dans la ville qu’Euthydénms, qui y étoit le plus puif-fant, mais violent & tyrannique dans fa manière d’agir. Hybréass’adreflant à lui dans une Harangue, lui dit, Tu es un mal nécef-faire à notre ville ; car nous ne pouvons vivre avec toi, & nous nefiuriens vivre fans toi. En ce tems Labiénus, de la Tctlon deCaiflus, s’étant joint aux Parthes,qui s’emparèrent de l’Afie Mi-neure, fe faifoit appeller Général des Panhes. Par la même rai-fin, dit Hybréas, je veux qu'on m'appelle Général des Cariens; carMylafa étoit dans la Carie. N’étant pas néanmoins le plus fort,il fe retira à Rhodes, d’où il retourna à Mylafa, lorfque Labié-nus eut quitté l’Aile Mineure. * Strabon. J. Spon, Voyage d’I-talie, &c. Pan 1675.

H Y C.

H YCC ARE, ville de Sicile,bâtie parles anciens Sicaniens,'tic ruinée depuis plufieurs fiécles. On croit que la fameufeLais étoit de ce lieu. Les Critiques ne font pas d’accord furl’origine du nom d’Hyccare; car les uns le tirent des Grecs, le9autres des Phéniciens; mais ils conviennent tous que ce nom fi-gnifie Poijfomeux : ce qui s’applique parfaitement au Golfe d’Hyc-care. * Fazellus, Dec. 1. / 7. C’eft au)ourd’hui le lieu nomméMuro Carini, à 12 milles de Palerme, fie c’étoit un Siège Epif-copal fous faint Grégoire le Grand.

HYCSOS , nom d’un Peuple qui, fuivant Manéthon, ferendit maître de l’Egypte. Cet Hiftorien dit que fous le régnede Timaüs, Roi d’Egypte, un Peuple qui n’avoit nulle réputa-tion vint du côté d’orient , fe rendit maître du pals, ruina lesTemples, fie établit pour Roi un Soldat de fa Nation, nomméG g 3 Sala-