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4 (1740) Lettres F - H
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HUYBERT (Pierre de) Seigneur de Burgh, Crayeftein ouKraayeftein, &c. qui étoit de la Maifon dont on vient de par-ler , s’elt rendu célèbre par les grands fervices qu’il a ren-dus à la République des Provinces Unies des Païs-Bss, & par-ticuliérement à la Province de Zélande II naquit à Midel-bourg le premier Août 1622, & fut élu Confeilier de cette vil-le le 24 Mars 16415.. 11 fit tellement connoître fa capacité, quela Province de Zélande le députa à l’Affemblée des Etats Géné-raux , & aux premières Conférences qui fe tinrent à Malinesentre les Députez du Roi d’Efpagne& ceux des Provinces-Unies,après une longue & fanglante guerre de 80 ans, glorieufementterminée à Munfter le 30 de Janvier 1648. Il fut envoyé enqualité d’Ambafladeur extraordinaire vers le Roi de Suède, versle Roi de Pologne & vers l’EIeéteur de BranCebourg, pendantla fameufe guerre où les Suédois fe rendirent maîtres de la Po-logne, & firent tant de conquêtes fur le Roi de Danemarck,qu’ils le contraignirent à leur céder trois belles Provinces audelà du Sond. Au mois de Mars 1659 , il fut élu Secrétaired’Etat de la Province de Zélande; au mois de Mai de ia mê-me année, il fut nommé Plénipotentiaire pour le Traité de paixqui fut conclu entre la Suède & le Danemarck, par la média-tion de la France, de P Angleterre, & des Provinces-Unies, l’an1660. On étoit fi content de l’habileté & de la fidélité qu’il a -voit marquée dans ces illuftres emplois, qu’au mois de Mars1664, on l’éleva à la charge de Grand-Penfionnaire de Zélande.L’Inftructlon de cette charge porte entre autres, chofes qu’onmaintiendra en toute occafion & en tout tems les droits & préé-minences de l’Etat, & les loix & privilèges du païs, contreceux qui voudroient y donner atteinte. Par-là cet emploi de-vient épineux & fort pénible. Cependant il s’en acquitta 23 ans& plus avec l’applaudiflement de tout le monde, & au grandcontentement de fes Maîtres, qui en le députant le 27 Septem-bre 1687, au Grand-Confeil d’Etat, marquèrent expreffémentdans fa Comrniffion, qu’ils étoient fort fatisfaits de fes longs & fidéles Jervices, dont ils conferveroient toujours une favorable mémoire. Ilne faut pas oublier qu’il fut nommé Plénipotentiaire des Provinces-Unies l’an i 6$7, pour le Traité de Breda. Il mourut à la Hayele feptiéme Janvier 1697, en fa 75 année. On remarqua tou-jours en lui un attachement très ferme à la Religion qui a étéétablie par les Ordonnances de l’Etat. Il en fut le Défenfeuren toutes rencontres, & ne put jamais fouffrir qu’on y changeâtquelque choie, foit à l'égard delà Doftrine, fcit à l’égard dela Difcipline. Il a eu trois Fils, x. Antoine de Huybert,Seigneur de Cruyningen, Confeilier dans la Cour Souveraine deJultice; a. Jean de Huybert , Seigneur de Nootgawe, élevépar fa bonne conduite & par fa valeur à la charge de Lieutenant-Général de la Cavalerie, mort en 1701, laiffmt un fils & troisfilles; 3. David de Huybert, Seigneur de Burgh, de Craaye-üein, &c. qui a été Confeilier dans le Confcil de Flandre, Di-reéteur de la Compagnie des Indes Orientales, & Bourguemeftrede MiJelbourg. Ils firent enterrer leur père dans la Chapelle dePEglife de Burg en Zélande, & ont fait graver fur fon tombeauune fort belle Epitaphe compofée par le célèbre Profefteur Gra-vins. Il a pour fils Pierre de Huybert, Seigneur de Zoetlingskerke, qui a époufé Dorothée de Willegen d’une ancienne& confiderable famille de Leyden. II exerce préfentement lacharge de Confeilier au Confeil de Flandre, que fon père a eueci-devant. * Bayle, Dift. Crit.

HUYGENS, (Conftantin Seigneur de Zuylichem) Gentil-homme Hollandois, originaire du Brabant, naquit à la Haye lequatrième Septembre 1596, & mourut l’an 1687, âgé de 90 ans &demi. H a donné vers le milieu du XVlI fiécle des Poëfies Latines, fous le titre de Momenta defultoria. Elles fe divifent enXIV livres, favoir, douze d ’Epigrammes ; un de Pièces diverfes,fous le titre de F arrago ; & un des divertiflemens de fa jeuneife,fous celui d ’Otiorum juveniiium rcfegmina. L’édition de l’an 1655 ,in douze, qui eft fort complette,fut faite à la Haye, par les foinsde Louïs Huygens, fon fils. On a fait de fes Poëfies Latines desjugemens bien différens. On croiroit, dit M. Borricbius , queles vers de M. Conftantin Huygens ont été travaillez & li-mez dans une longue fuite d’années, & qu’ils font les fruits d'u-ne profonde étude & de beaucoup de méditations; mais il lesfaifoit fur le champ, aufli polis & aufli achevez que ce que lesautres travailloient le plus. Sa veine eft abondante, heureufe,aifée, & fes vers parodient d’autant plus eftimables aux yeuxdes Connoifleurs, que leur Auteur les jugeoit méprifables. Ga-fpard Barlæus qui en fait prefque le même jugement, ajoûtequ’on trouve dans tous fes vers un caraétére d’honnête hommequi en rend l’Auteur aimable, qu’il fait paroitre un bon cœurpour fes amis, une vivacité merveilleufe contre le vice, une pié-té filiale envers fa patrie, une reconnoiiïance fincére envers fesMaîtres & fes Patrons, un courage intrépide contre les ennemispublics, une gayeté honnête dans les bonnes avantures, un fé-rieux modefte dans les fâcheux accidens, de forte que ce n’eftpas une Poëte ordinaire qui chante à tors & à travers fans favoirfouvent ce qu’Apollon lui infpire; mais c’eft un bon Citoyenqui fait judicieufement de bons vers.

D’autres difent que les vers Latins de M. Huygens font fortmédiocres, félon l’opinion de tous ceux qui entendent la Poë-fie Latine. M. de la Monnoye dans fes Remarques fur les Jugemens des Savans de M. Baillet, après avoir dit que M. Huygensétoit Secrétaire des Commandemens & Préfident du Confeil duPrince d’Orange, ajoûte que ce pofte qui le mettoit en état derendre fervice à beaucoup de personnes, lui a feul attiré tous leséloges qu’on a fait de fes Poëfies, & que la leéture de fon Livredétruit. Voyez ZUYLICHEM (Conftantin Huygens, Sei-gneur de) * Olaus Borrichius, in Dijfertatiimib. de Poët. Latin.Gafpard Birlæus, in Pr&fat. ad Confiant. Hugen. Baillet , juge-mots des Savans fur les Postes modernes, tome 4. partie 2. p. 260.

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». 1501. édit. d’Amfterdam, 1725.

HUYGENS, (Conftantin) fils du précédent. Voyez d Arti-cle de ZUYLICHEM.

HUYGENS, (Chrétien ouChriftian) frère du précédent,naquit à la Haye le 14 Avril 1629 , de Ctmfiaitin Huygens, Sei-gneur de Zuylichem qui a été confécutivementSécretaire de troisPrinces d’Orange, éc de Sufanne de Baerle. Le goût qu’il euttoute fa vie pour les Mathématiques, fe déclara de bonne heu-re. L’application qu’il donna dans fa première jeuneife aux Lan-gues Latine & Gréque, n’empêcha pas que dès l’âge de neuf ans,il ne fît des progrès furprenans dans la Mufique. l’Arithmétique& la Géographie que fon père prit iui-même le foin de lui ap-prendre. A l’âge de 13 ans on l’appliqua aux Méchaniques,pourlefquelles il paroiftoit avoir des difpofitions particulières. Deuxans après, c’eft à dire en 1644,011 lui donna un Maître de Ma-thématiques , fous lequel il apprit beaucoup de chofes en peude tems. L’année fuivante il alla étudier en Droit dans l’Uni-verfité de Leyde fous le fâvant Jurifconfulte Vinnius; mais cet-te étude ne l’occupa pas tellement qu’il n’y continuât aufli celledes Mathématiques fous le Proftfleur Schoten. Il quitta cetteUniverfité au bout d’un an pour aller à Breda où l’on venoit d’enériger une, dont la direétion avoit été donnée à fon père, & ildemeura dans cette ville, l’année 1646 &.Ies deux fuivantes. Deretour à la Haye en 1649, il alla dans le Holftein & en Oane-marc à la fuite de Henri Comte de Naflau. 11 fouhaitoit fort depaiTer jufqu’en Suède pour y voir Defcartes, mais le peu de fé-jour que ce Comte fit dans le Danetnarc, ne le lui permit pas.11 voyagea en France en 1655 , & s’y fit recevoir à Angers Do-fteur en Droit. Il retourna dans ce Royaume en 1660, & psftade là l’année fuivante en Angleterre. On le revit pour la troi-fiéme fois en France en 1663. Tous ces voyages firent fi bienconnoitre fon mérite, que M. Colbert fongea à le fixer à Paris,en lui donnant une grade penfion. M. Huygens fe rendit à fesdefirs, & demeura dans cette ville depuis l’an 16 66, jufqu’en1681 ; mais fa fanté qui fe dérangeoit de tems en tems, & quil’obligea en 1670 & en 1675 , d’aller faire un tour en Hollandepour y refpirer l’air natal, l’obligea enfin à y retourner pourtoujours, en abandonnant la France. Il mourut à la Haye lehuitième Juin 1695 âgé de 66 ans. Il avoit été reçu en 1663dans la Société Royale de Londres , & dans l’Académie desSciences pendant fon féjour à Paris. Toute fa vie a été occu..pée à des recherches curieufes & utiles. Il aimoit la vie pai-fible & méditative. Souvent il fe retirait dans la fo'itude dela campagne, pour être moins diftrait & moins diflipé. 11 n’a-voit pas cependant cette humeur trifte & fauvage que l'oncontracte d’ordinaire dans la retraite. On a de lui les Ouvra-ges fuivans , Thconmata de Qua Watura Hyperboles, Ellipjls & Cir-cuit ex dato proportionum grav.tatis centra; De Circuit magnitudinc in-venta; De Saturai luna obfervatio nova ; Ad C.F. Franc. XaveriumAinfcom S. J. Epifiola, qua diluuntur ta quibns E-trao-iç CyclomctriaGregorii à S. Vinccntio impugnata fuit ; De Ratiociniis in Ludo Akz;Brevis Infiituto de Ufu Horologiorunt ad invcniendas Longitudmes ; Ho-rologium ; Syfiema Saturnium ,five de Caufis mirandorum Saturni Phn-nomenon, & comité ejus Planeta nova; Brevis Affertio Syfitmatis Sa-turnii fui; Lettre du cinquième Février 1665 fur les Horloges à pen-dule; Lettre du 16 Février 1665 , fur le même Jujct; Rélation dureobfervationfaite dans la Bibliothèque du Roi de France, à Paris le 12Mai 1664, d’un Halo ou Couronne à l’entour du Soleil, avec un Dif-cours de la eaufe de ces Météores & de celles des Varéïits; Examen duLivre de M. Gregory , intitulé , Fera Circuit & Hyperboles Qua-dratura, Lettre à l’Auteur du Journal des Savans , touchant U Ré-ponfe que M. Gregory a faite à l’Examen du Livre intitulé, Vira Cir-cuit & Hyperboles Quadratura ; Obfervation de Saturne, faite à laBibliothèque du Rot; Lettre fur le mouvement qui efi produit par larencontre des corps; Lettre touchant la Lunette cutnptrique de M. New-ton ; Lettre touchant les Phénomènes d'eau purgée d air ; Lettre touchantla figure de la Planète de Saturne; Lettre touchant me nouvelle maniè-re de Baromètre qu'il a inventée ; Horologium Ofcillatorium ; Lettretouchant une nouvelle invention d’horloges très juftes & très portatives;Lettre touchant une nouvelle manière de Microjcope ; Nouvelle inven-tion d un Niveau à Lunette qui porte la preuve avec foi ; Démonfira-tion de la juftejfe de ce Niveau; Réponfe à une Remarque faite par M,P Abbé de Catelan contre fa propofiùon quatrième du Traité du Centredes balancenens ; Réponfe à la Réplique de M. l’Abbé de Catelan, tou-chant les Centres d’agitation ; Remarque fur la Lettre de M. le Mar-quis de l’Hôpital , & fur l’Ecrit de M. Bernoulli; Solution du Pro-blème prop.fé par M. Leibnitz , Trouver me ligne de defente danslaquelle le corps pejant defeende uniformément, & approche égalementde l’horizon en tems égaux ; Afirofcopia compcndiaria tubi optuimolimine liberata ; Traité de la Lumière, où font expliquées les cau-jes de ce qui arrive dans la réflexion & dans la réfraBion , & par-ticuliérement dans l'étrange réjrcBicn du Cryfial d Irlande , avec tnDifcours de la caufe de la Pefanteur ; Lettre touchant le Cyc r c Hcr*monique ; Solutio Problematis de linea catenaria ; Confiruttion d’unProblème de Géométrie , Trouver une ligne droite égale à une partiedonnée de la ligne logarithmique ; De Problemate Bernoulliano; Ccn-firuBio Univerfalis Problematis a Joarme Bernoullio propofiti ; Epï-ftola ad G. G. Leibnitium , fur le même fujet ; Remarque fur le Li-vre de la Manœuvre des Vaiffeasx , de M. Rcnau ; Réplique à la.Réponfe de M. Rcnau ; K 0 x.M 09 h.aP 02 , fi ve de terris cxlcftibusearumque ornatu ConjeBura; Opufiula Pofihuma qu<z continent Diop-tricam , Commcntarios de Vilris figurandis , Dijfcrtationem de Coro-na & Parheliis , TraBatum de Motu & de vi centrifuge, Defcriptio-nem Automati Planctarii; Opéra Varia, & Opéra Rcliqua, donnezau Public par les foins de M. ’s Gravefande. * Le Pere Niceron,Mémoires pour fervir à l’Hift. des Hommes Illuftres, tome 19. p.214 & Juiv.

HUYGENS ( Gummare ) célébré Doéteur de Louvain, na-quit à Lire ville du Brabant, en 1631, & fit fes études à I.ou-

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