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Théologie à Wïttemberg , l’une des plus illuftres UniverGtezLuthériennes d’Allemagne. 11 en fit toutes les fondions d’unemanière, qui le fit paiter pour un homme laborieux & très pro-pre à enfeigner. Il témoigna un zélé ardent pour le maintiende l’Orthodoxie, félon toute la précifion des Luthériens les moinsmodérez. Ses Ecrits refpirent ce zélé par-tout ; & pour peu quel’on confidére ce qu’il a dit fur les Martyrs de la Confefiion deGenève, on conviendra qu’il outrait les chofes. Ce caraétéred’efprit l’expofa à plufieurs difputes fâcheufes, où il eut à effuyerles coups de la médifance. Il mourut l’an 1616. Il a publié ungrand nombre de Livres. Cmcordia cencors, ftve de origine & pro-greffu "Formula Concordie Ecclefiarum Auguftane Confefiionis, liber unus,Rudolpho Hofpiniano oppofîtus,infolio,àWittembetg, 1614; Unedifpute pro Formula Concordie ; Collegium Thcologicum de ArticulisConfejfionis Âugujlane, Sf libre Cbriftiane Concordie; Irenicum verèChriflianum , jtve de Sjnodo & mione Evangelicorum nonfucata con-cilianda, TraSatus Tbeologicus ; Sadccl Elenchomcnus, hoc ejl, traSa-tio pro majefiate birmane nature Chrijli. Il écrivit aufli contre lePapifme avec beaucoup de vigueur. Voyez fes Difputes. De Sa-crificio Romanenjtum Mijfatico , ejufque borrenda abominatione ; DeTranjfubftanliatione & Procejfitnibus Pontifiais, pro ajfercndo integroSacramento Cœne Dominice contra Jefuitas. Refutatio duorum Ltbro-rum Rob. Bellarmini de Mijfax Triumphus de Regno Ponlificio ; Iliasmalorum Regni Pontificio-Romani, five Hiftorica Dijfertatio de tnju-ftijfimo Pontificis Romani in Ecclcjia Dei Dominatu ; ASio in JacobumGretfermn, de Imperatorum, Regum, ac PrincipumCbrijlïamruminSedem Apofiolico-Romanam munificentia pro Nicolao Clemangis. Il yen a plufieurs autres Allemands & Latins, qu’on paiTe fous fi-lence. * Bayle, DIS. Crit.
HUTTERUS (Elie ) a publié une Bible en quatre Lan-gues, l’Hébraïque, la Gréque,la Latine & l’Allémande,à Ham-bourg, l’an r597. Enfuite il ajoûta l’Italienne, la Françoife,la Sclavonne & la Saxonne. Son Nouveau Teflament fut impri-mé l’an 1600, en douze Langues, qui font, le Syriaque, l’Hébreu,le Grec, le Latin, l’Allemand, le Bohémien, l’Italien, l’Efpa-gnol, le François, l’Anglôis, le Danois , le Polonois. 11 lesréduifit à quatre dans l’édition de l’année 1603, favoir l’Hébreu,le Grec, le Latin & l’Allemand. Cette Polyglotte eft très rare.Il y a un Recueil de Lettres contenant ce que les perfonnes do-éles jugèrent de cet Ouvrage. * Bayle, DiSion. Critiq.
HUTTITES , Hérétiques du XVI fiécle , qu’on compteauflî parmi les Anabaptiftes. Ils portent le nom de Jacob Hutten,Siléfien de nation, qui demeura en Bavière & enfuite dans la Mé-ranie. Il doit avoir eu un fi grand nombre de Seétateurs, quevers la fin du XVI fiécle quelques milliers de perfonnes du Ti-rai, de la Bavière, & d’autres endroits l’allèrent joindre. Ondit qu’il a été brûlé à Infpruck. Il a écrit en Allemand plufieursLivres. On dit que lui & fa Seéle fe difoient le véritable peu-ple d’Itraël, deftiné à exterminer les Cananéens par l’épée, &que Dieu marquerait le tems de cette exécution; qu’ils fe van-toient de vifions extraordinaires, méprifoient l’Eglife & affe-ttoient une fainteté particulière en s’habillant fort Amplement,en baillant les yeux, en foûriant amiablement, en feignant unegrande patience & en poffédant leurs biens en commun. Aprèsla mort de Hutten cette Seéte fe dilfipa bientAt. * Gual-terus, Chron. fec. 16. c, 71. Raimundus, de ortu & progrejf. Et-re/ 1 . 2. c. 16. n. 3. Kirfcher, Leben Jacob Hutens. Jacob Alting,T beol. Hift. p, 62. Schlulfelbourg, Cat. Heret. I. 12. p. 24. OttiiAnabapt. p. 80. Arnold, Ketzer-Hifi. p, 2. I. i6,c.2i.n. 134.DiSionnaire Allemand.
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H UY, ville du Païs de Liège, & la fécondé de cet Evêché.
Elle efl: la capitale du Condrotz, & fituée à l’endroit où laMeufe reçoit la petite rivière de Huy,qui a peu d’eau, mais quia un cours furieux & violent. C’eft de cette rivière qu’elle apris fon nom, en Latin Hoium , Huurn , Huime éc Huionam. Cet-te ville, qui efi à quatre lieues de Liège, & à fix de Namur,eftféparée en deux parties, dont la plus grande eft à main droitede la Meufe en defeendant, & l’autre à main gauche. Elles fontjointes par un très beau pont de pierre de taille, avec plufieursarches. La ville d’Huy étoit autrefois plus grande qu’elle n’eftpréfentement, & elle a eu des Comtes particuliers, qui la don-nèrent aux Evêques de Liège. Il y a un vieux château fort audeiTus de la ville, au bas duquel eft une Eglife Collégiale deChanoines, appellée Notre-Dame. Tout cela eft l’ouvrage d’E-rard ou Eterard de la Mark, autrefois Cardinal & Evêque deLiège, qui accoutuma fes fucceffeurs à demeurer dans ce châ-teau à caufe de la beauté du lieu. Huy a douze ponts de pierre& fept ou huit de bois. On voit dans la grande place une bel-le fontaine, entourée de colomnes de marbre, avec un grand baf-fin de cuivre. La grande Eglife eft très belle, & on eftime fortle chœur de l’Eglife des Frères Mineurs, qui eft tout de mar-bre , ainfi que le grand autel. La nef eft ornée d’une riche me-nuiferie fort bien travaillée. Les belles allées du Jardin des Ca-pucins le rendent très agréable. Il y a prefque de toute fortede Religieux & de Religieufes en cette ville, & ce qui lui don-ne un grand relief, c’eft la Maifon & le Couvent de l’Ordre defainte Croix, qui eft le chef & le premier de cet Ordre, & oùle Général a accoutumé de faire fa réfidence. Ce fut le Bien-heureux Théodore de Celles, Chanoine de la grande Eglife deLiège, qui renouvella cet Ordre en Allemgne. Il choifit pource fujet un endroit fort élevé dans un fauxbourg d’Huy, appel-lé Clair-Beu, où il y avoit autrefois une Chapelle de faint Thi-baut. Il s’y logea avec cinq Clercs pour vivre en vrais enfansde la Croix. Cet Ordre dont le premier Inftituteur eft faint Qui-riace.qui trouva la fainte Croix par le commandement de fainte
Hélène, mère du grand Conftantin , ayant été renouvellé & ap-prouvé fous Innocent III, au Concile de Latran, fut confirméen 1248, fous la réglé de faint Auguftin, par le Pape InnocentIV, au Concile de Lyon en France. Cette Maifon des Chanoi-nes Réguliers de fainte Croix étant bâtie fur une éminence, fevoit de fort loin. Son Eglife eft fort grande & ample, & fon Jubétout de marbre, ainfi que les deux autels qui font au deffous enentrant au chœur. Derrière le grand autel eft la châfle de fain-te Odile, Patrone de tout l’Ordre : elle eft toute d’argent doré,& fort bien travaillée tout à l’entour. Tous fes ofièmens y font,excepté fon chef, qu’on voit dans la Sacriftie en un fort beaureliquaire, orné de médailles d’or & de pierreries. Les offe-mens des fœurs de fainte Odile, Ida & Ima, font au même lieu,dans une autre £*ande châfle d’argent doré. Le clocher de cet-te Eg’ife eft fort haut, & il y a grand nombre de cloches. Quandl’Horloge fonne, les grandes & petites cloches fonnent les heu-rts en cadence & en mufique. Cette place fut prife par les Fran-çois l’an 1663 , & les Efpagnols l’ayant reprife l’année fuivante,la gardèrent jufqu’en 2703, que les Anglois & les Hollandoiss’en rendirent maîtres fur la fin de la Campagne. * Le PèreBouflSngaut, Voyage des Païs-Bas.
* HUY, petite rivière du Païs de Liège, prend fa fourcevers les confins du Duché de Luxembourg , ferpente beaucoupdans fon cours qui eft en général du fud au nord, & tourne del’eft à l’ouelt pour venir fe jetter dans la Meufe après avoir ar-rofé la ville qui porte fon nom.
HUYBERT (de). Cette Maifon eft fort ancienne & illu-ftre; témoin ce qu’on en trouve dans Jean Chriftoval Calvéted’Etiralla, Hiftoriographe Efpagnol, qui d’ailleurs ne parle querarement d'autres familles Zélandoifes: T no poco nombrados, dit-il, fa) eran los Huybertos de Cirixea, porJu valory riqueza ; c’eftà dire, Les de Huyberts de Zirickzée et oient fort célébrés par leur va-leur & leurs richejfes. F.ile eft connue depuis plufieurs fiéclesdans le Gouvernement de Zirikzée, d’où elle tire fon origine,reconnoiflant pour chef Corneille de Huybert qui époufaJeanne de Haamftede , defeendue de (b) Witte de Hollande,Chevalier, Seigneur de Haamftéde, fils de Floris V, Comte deHollande, de Zélande, Seigneur de Frife, &c. procréé fous pro-meffe de mariage d’une fille de Jean VII, Seigneur de Heufden,Maifon très ancienne & (c) confidérable dans ce tems-là. Jacob& Herman de Huybert, fils de Corneille, comtnandoient la Flot-te qui conduifit en Efpagne l’Archiduc Philippe & la Reine fonépoufe (d) l’an 1500. Ces deux auguftes perfonnes étoient àbord de ces deux frères : la Flotte qui étoit fort nombreufe, ef-fuya une très rude tempête dans la Manche ; (e) plufieurs vaif-feaux périrent à la vue de l’Archiduc , & néanmoins, à caufede quelques affaires qui s’étoient paflfées entre le Roi d’Angleter-re & lui, il ne voulut point qu’on relâchât dans aucun port defon Royaume; mais quand les deux frères de Huybert lui eu-rent répréfenté l’extrême péril où l’on fe trouvoit, & qu’il étoitabfolument néceffaire de fe fauver dans le havre de Falmouth.lui & fon époufe fe fournirent à ce confeil & à leur bonne con-duite. C’eft alors qu’il les fit Chevaliers, & leur donna la de-vife de Waakt Huybert , c’eft à dire, Veille Huybert. L’EmpereurMaximilien & l’Archiduc Charles fon fils, pour témoigner com-bien ils étoient fatisfaits de ces bons fervices rendus au Roi deCaftille leur fils & père, augmentèrent le 13 Mars ijn , cettegrâce, en permettant à chacun des trois frères, Jean, Jacob &Herman de Huybert, & à leurs Defcendans, de faire porter l’é-pée à trois de leurs domeftiques, (f) ce qui étoit alors un hon-neur très particulier. Jean & Herman de Huybert furent envo-yez pour des négociations fecrettes qu’on voulut bien leur con-fier, (g) le 19 Décembre iyi2, à Henri VIII, Roi d’Angleterre,par Marguerite, Archiducheffe d’Autriche alors Gouvernante desPaïs-Bas. L’Archiduc Charles étant devenu Empereur & Roid’Efpagne, fit l’honneur àLieven Jakobzen de Htybert, alors (h)Bourguemeftre de Zirikzée, éc Surintendant des Digues du païsde Schouwen, de loger chez lui dans cette ville, où les troisfrères ont fait bâtir chacun une maifon qui font encore les plus grands& les plus confidérables (i) bâtimens de Zirikzée. L’Empereur Char-les VI, à prefent régnant, ayant réhabilité à fon couronnement àFrancfort, les trois frères de Spina fous le tître de Barons de lagrande Haye, a fait mention dans fon Diplôme du neuvième Jan-vier 1711, de cette famille comme de leur grand’mére maternel-le. Il y confirme aux De Huyberts, en les traitant de FamiliaEqueftris, toutes les prérogatives que leurs ancêtres de glorieufemémoire leur ont conférées, & les confidére même commeBarons, vu qu’il a fait préfent à Melfieurs de Spina (k) de qua-tre quartiers, tant paternels que maternels, (entre lefquels.ee-lui des De Huybert eft le troifiéme) comme s’ils étoient effeéti-vement nez Barons. De cette Maifon étoit Pierre de Huy-b b r t qui fuit, (a) Dans la DeJcription du Voyage de Dom PhilippePrince d’Efpagne par les Païs-Bas fan 1548, imprimée â Anvers1552, in folio, p. 263. (b) Voyez S. van Leeuwens Batavia Illu.flrata, p. 972 & 974. (c) Ibid. p. 984. (d) Smallegange, Chro-nique de Zeelande, p. 69 1 & 6 92. (e) La Chronique de Zeelande deReigersbergen, corrigée par Boxhorn, p. 370. Emanuel de Me*teren ,Hijloire des Païs-Bas, p. 11. & la Chronique de Le Petit,/».611. (f) Smallegange, Chron. de Zeelande , p. 691 & 692. (g)L’Original de leur Commiffion eft encore entre les mains de lafamille, (h) On a fauvé d’une Eglife, entre plufieurs autres mo-numens, l’Original d'un tableau d'Autel fort ancien , qui repréfentece Lieven Jacobfen de Huybert & fon Epoufe, iflfue de la Fa-mille de Zuitland. On y voit auflî leurs Armes écartelées aveccelles de Haamftede, & une Infcription qui fait mention de fescharges, (i) Smallegange, Chronique de Zeelande, p. 692. (k)Cette Famille qui eft fort ancienne éc confiderable, tire fon ori-gine de la Capitale de la Flandre Walonne. Voyez las Articles deL’EPINE & de SPINA.
HUY*