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4 (1740) Lettres F - H
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232- H U S.

Jean Hus ayant enfuite été mis en prifon, le Pape Jean'XXIIIlit femblant de douter que l’Empereur Sigismond lui eût donnéun fauf-conduit , c’eft ce qui engagea Jean de Cblum à le mon-trer à qui le vouloit voir. Le voici ; ,, Sigismond, par la« „ grâce de Dieu Roi des Romains &c. à tous Princes Ecclé-

„ fialtiques & Séculiers , &c. & à tous nos autres Sujets ,„ falut. Nous vous recommandons, d'une pleine affection, à tous,, en général , & à chacun de vous en particulier , hono-„ rable hoin ne Maître Jean Hus, Bachelier en Théologie ,,, & Maître ès Arts, porteur des préfentes, allant de Bohême„ au Concile de Confiance, lequel nous avons pris fous notre„ protection & fauvegarde, & fous celle de l’Empire, délirant„ que lors qu’il arrivera chez vous, vous le receviez bien, &„ le traitiez favorablement, lui fourniffant tout ce qui lui fera„ nécelLire, pour hâter & pour affurer fon voyage, tant par’ „ eau que parterre, fans rien prendre ni de lui, ni des liens,

„ aux entrées & aux forties pour quelques droits que ce foit,k „ & de le lailfer librement & Sûrement palTer, demeurer, s’arrê-

„ ter, SP retourner , en le pourvoyant même, s’il en elt befoin,,, de bons paffèports, pour l’honneur & le refpeétde la Majefté,, Impériale. Donné à Spire le 18 Octobre de l’an 1414, le 33,, de notre régne de Hongrie & le cinquième de celui des Ro-,, mains. Par ordre du Roi; & plus bas Michel de Paceft, Cha„ noine de Breslau ”. Jean Hus étant en prifon cotnpofa plu-fleurs Traitez, comme celui du Mariage ; du Décalogue; de l'amour& de la connoiffance de Dieu ; de la Pénitence ; des très Ennemis del'homme; de la Cène du Seigneur, & plufieurs autres. Les Commitfaires qui lui avoient été donnez n’oubliérent rien pour le faireretraiter, mais vainement. Il fut transféré chez les Dominicains,& de là à Gotlében. Le cinquième Juin t4i5 , il fut ramené àConltance, & chargé de chaînes dans le Monaltére des Francif-cains. Il eut le jour de fon arrivée & le feptiéme du même moisune audience publique. Il nia conltamment dans la fécondéd’avoir enfeigné & cru que le pain demeure dans le Sacrementaprès la confécration. Le huitième du même mois, il eut unetroiliéme audience, où il fut interrogé fur trente-neuf Articles,que l’on prétendoit avoir tirez de fes Livres, & principalementde fon Traité de l’Eglife. Comme on ne put l’engager à fe re-tracer, il fut conduit le fixiéme Juillet dans la Cathédrale, oùil fut condamné, après que l'Evêque de Lodi eut prêché fur cesparoles, R ont. ch. 6. v. 6, Afin que le corps du péché Joit détruit.Les motifs de fa condamnation étoient r. ,, Que depuis plufieurs„ années, il avoit féduit le peuple en répandant de vive voix„ & par écrit plufieurs doétrines manifeltement hérétiques, &„ condamnées par l’Eglife; mais en particulier la doftrine de„ Jean Wiclef; Qu’il avoit opiniâtréinent foulé auxpiez les clefs„ de l’Eglife & des Cenfures Eccléfialtiques, qu’il en avoit ap„ pellé à Jéfus-Chrilt le Souverain Juge, au mépris des Juges„ ordinaires de l’Eglife, & qu’un femblable appel étoit injurieux,„ fcandaleux, & interjetté en dérifion de l’autorité Eccléfiafti-,, que; Qu’ayant perfilté jufqu’à la fin dans fes erreurs, & les,, ayant tbutenues en plein Concile, il devoit être dépofé &„ dégradé publiquement de tous les Ordres Eccléfialtiques, com-„ me un Hérétique opiniâtre & incorrigible ”. Dès qu’il futdégradé on le livra au bras féculier, & le même jour, fixiémeJuillet, il fut condtmné à être brûlé avec tout ce qu’il portoit, ce quifut exécuté Æncas Sylv.ms parle de la forte de Jean Hus & de Jé-rôme de Prague. Ils alloient , dit-il, au fupplice comme à un feftin.Il ne leur ichapa jamais aucune parole qui marquât ta moindre foibleffe.Au milieu des flammes ils chantèrent des hymnes jufques au dernier J'ou-pir fans aucune interruption. Jamais aucun I hilofophe ne fouffnt lamort avec tant de confiance , qu’ils ont fiuffert le feu. On jetta fescendres dans le Rhin, de peur que fes Difciples ne les empor-taient en Bohême pour en faire des Reliques. M. Lenfant ré-fute la prétendue Prophétie que la tradition a attribuée à JeanHus, puis que les deux Rélations de la vie & de la mort de ceDocteur, faites par fes propres Difciples , & fes Auditeurs affi-dus,n’en difent mot. * M. Lenfant, Hifi. du Concile de Confiance,tome 1. p- 19. SPc. Æneas Sylvius, Hift Bohem. c. 36.

HUS A & HUZA Voyez.. O Z A.

H US A I. Voyez CHUSAl.

* HUS AN (Henri) Jurifconfuhe Allemand, naquit en 1533,à Eifenach. Dès qu’il fut lire & écrire, on l’envoya à Bergenen Norvège, pour y apprendre le négoce; mais comme c’elt lacoutume de jetter nuds dans la mer, & de frapper jufqu’au fangceux qui s’y rendent dans cette vue, & qu’on les maltraite quel-quefois fi fort qu’ils en meurent, Hufan fut obligé de palier parcette épreuve. Auffi tôt après il envoya fa chemife toute fan-glante à fa mère, qui le fit incontinent revenir & le mit aux étu-des. En 1553, il entendit Mélanchthon à Wittemberg, d’oùil alla à Ingolftadt. De là il fe rendit à Bourges en France, &puis à Padoue en Italie où il fut atteint d’une fièvre chaude. Afon retour, il s’arrêta quelque teins à Spire où il fe mit à pra-tiquer. Enfuite il fut appellé dans le Meckelbourg, & employéenfuite à plufieurs Ambafiades en France, & particuliérement enAngleterre & à la Cour de l’Empereur. Après cela il devint Chan-celier de Jean-Albert, Duc de Meckelbourg. Mais comme ilétoit accablé d’occupations il fe démit de cette charge, & futfait Confeiller-Penfionnaire de Lunebourg, où il mourut le neu-vième Décembre de l’an 1587. * Gr. DiB. Univ. Holl. AlbertiC alcnàarium perpetuum. Chytræi Délie. Melchior Adam, Vit*, &c.

H U SC A, fils de Hezer de la Tribu de Juda. * I C hroniq. ouParahp. ’ch. 4. v. 4. .

H U S C A M du païs des Thémanites, fut Roi d’Edom aprèsJobab, &’ eut pour iucceffeur Hadad fils de Bedad. Si l’on exa-mine la fuite de ces Rois, on verra que le Royaume n’étoitpoint héréditaire chez les Iduméens. * Genéf ch. 36. v. 34, 35.

HUSC ATHI, fut le païs de Sibbecai, qui frapa le Géant-nomméSaph des’enfans de Rapha. J II Samuel ou 11 Rois, cb. 21. v. 18.

HUS.

HUSCIM, fils de Dan l’un des douze Patriarches. * Genef.ch. 46. v. 23.

HUSCIM, femme de Sçaharajim, de la Tribu de Benjamin. *

I Chroniq-’ ou Paralip. ch. 8 v. 8.

HUSINGO. Voyez HUNSINGO.

H U S S. Voyez H U S Z. ,

HUSSARS, (prononcez Houffards, j milice de Cavalerieen Hongrie & en Pologne, habiliee bizarrement, monte de*chevaux petits, mais ardens & infatigables. Les Huffars fontbons pour les coarfes & les partis, mais nullement propres auxaétions de pié-ferme. Ils ont la tête rafe, hors un toupet decheveux qu’ils confervent au milieu, avec une groITe moultachequi leur pend fur l’eitomac, & un bonnet fourré, orné d’uneplume de coq «r pointe. Les Officiers en ont une d’aigle. Cesderniers font habillez à la Turque. Les Cavaliers ont des pour-points avec des culottes larges'fans juite-au-corps, ni manteau,ni chemife; mai6 pour fe parer du mauvais teins, ils portent cha-cun une peau de tigre, ou de mouton, pendue à leur col, & latournent du côté que vient le vent. La plupart font bottez àcru. Ils ne font point de quartier quand iis ont l’avantage, &n’en demandent jamais, s’ils font les plus foibies. Ils ont desarmes à feu, dont iis fe fervent affez mal; mais le fabre à la mainils font extraordinairement adroits, & il y en a beaucoup d’en-tre eux, qui en palfant près d’un Cavalier, ne manquent jamaisà lui couper la tête. Le Commandant que l’on lit prifonnierdans la défaite des Hulfirs par les François devant Fribourg,l’an 1690, avoit tant d'adrefle, qu’on affirroit que de vint têtesil n’en manquerait pas une. Quand ils reviennent de la guerre,le Général leur donne autant de pièces d’argent qu’ils rappor-tent de têtes. Le fupplice dont ils puniffent les Défe.teurs, eftépouvantable : ils les embrochent tout vifs, & les font rôtir ainfîdevant le feu. * Mémoires dutems.

HUSSEIN, fécond fiis d Ali. Voyez l'Article de H O CEN.

HUSSEIN, Favori d’ibrahim Empereur des Turcs, avoitété Berger, & faifant paître fon troupeau près de la prifon dece Prince, il avoit fouvent pris foin de le divertir par fes chan-fons rulliques, & les airs qu’il jouoit fur fon flageolet. Ibrahimne fut pas plutôt forti de cette prifon, & élevé fur le thrône,qu’il fit HulTein fon confident; mais ce Favori abufa des faveursde fon Prince, & fit même étrangler le Grand-Vifir Méhémet:ce qui lui attira la haine du peuple, qui le maffacra, & le miten pièces l’an 1648. * Hijloire des Grands- Vifirs.

HUSSITES, ainfi nommez de Jean Hus, Difciple de Wi-clef, qui fut brûlé vif par ordonnance du Concile de Conltancel’an 1415. Ces Seftaires foutenoient prefque les mêmes opi-nions, que les Calviniltes foutiennent aujourd’hui contre le Pa-pe & les Prêtres, & pour ce qui regarde la Communion fous unefeule efpéce, ou pour nous fervir de leurs termes , le retranche-ment de la Coupe; mais ils ne nioient pas la préfence réelle ducorps & du fang de Jéfus-Chrilt dans I’Euchariltie. Ils préten-doient que l’Eglife elt le corps des prédeltinez, & que les ré-prouvez n’en peuvent être les membres; que la condamnationdes quarante-cinq Articles de Wiclef faite par les Doéteurs Ca-tholiques , étoit impie & déraifonnable ; que faint Pierre n’a ja-mais été Chef de l’Eglife, &c. Leur Secte fut depuis divifée enplufieurs autres. La paffion que les Hulfites témoignèrent pourla Communion fous les deuxefpéces, les porta à faire peindredes coupes dans leurs maifons, & fur leurs enfeignes de guerre.

Ils font préfentement nommez les Frères de Bohème , & ont tou-jours prétendu être différens des Vaudois & des Picards. CesBohémiens font proprement fortis des Calixtins , Difciples deJean Hus, comme ils le déclarent dans leur Confeffion de foi.

Ce furent des gens de métier, qui commencèrent cette répara-tion , fe plaignant que les Calixtins romanifoient en tout & par-tout, à la referve de la coupe. Ils mirent d’abord à leur têteun Cordonnier, qui ne fâchant pas un mot de Latin leur fit unCorps de Doctrine, que l’on appella de fon nom, Les formes deKelefiski. Enfuite ils fe choifirent pour Palteur Mathias Conval-de, laïque & ignorant, l’an 1467, & fe féparérent ainfi publi-quement des Calixtins, comme ceux-ci avoient fait de Rome.

Ils en vinrent à cet excès d’ignorance & de témérité, de reba-tifer tous ceux qui venoient à eux ; excès qui dura cent ans,comme ils l’avouent. Jean Hus fut regardé comme leur Apôtre,ôc ils célébraient la Fête de fon martyre le huitième Juillet. Ce-pendant ils rejettoient la Melle, que ce Jean Hus avoit toujours #

dite. Enfin s’étant mêlez dans les guerres des Luthériens, Fer-dinand I les chafTa de Bohême, d’où ils fe réfugièrent en Polo-gne, & là ils s’unirent l’an 1570, dans le Synode de Sendomir,avec les Luthériens, & les Zuingliens de Pologne, quoique leurConfeffion de foi fût bien différente entre eux trois. * Cochlæus,

H:fi. Huffit. Dubravius, 1 . 26. Génébrard, in GregorioVII. Onu-phre, Anno Chr. r4i5. Sandére, U&r. 176. Du Preau, V Hujf.

Azor, Inft. Mor. I. 5. c. 37. p. 2. Florimond de Raimond, /. 4.c. 3. Sponde, in Annal. Gautier, Chron. fine. XV. c. 1. Cherchezauffi HUS (Jean). Voyez encore Puffendorf, Hifi. Suec. I. 1. M,de Meaux, Hifi. des Variations, 1 . 11.

H U SS ON (Martin) né à Paris, fut reçu Avocat en Parle-ment, en 1643. Il étoit Baillif de Montmirail en Brie, lorsqu’en1653 Louïs XiV l’envoya à Tunis, pour y exercer l’emploi deConful. Il partit au mois de Juillet, & rendit de bons fervicesaux Millionnaires, & aux autres Chrétiens libres ou efclaves, pen-dant environ trois ans & demi qu’il y demeura. Ayant enfuitedéplu au Dey, il eut ordre en 1657 de fe retirer, & retournaen France, où il reprit fon premier emploi à Montmirail. Il fitimprimer en 1666, fon Livre de Advocato. Il mourut en 1685.

* Biblioth. du Richelet de 1728. ^

* HUST ou HUCZ, fortereffe de Tranffilvanie, fituée furles confins de la Hongrie & de la Pologne vers la fource de Ja •

Teiffe. Elle eft fur un rocher, & renferme des fontaines de

fel