HUE.
enfuite de toute l’Europe, à qui le célébré Samuel Bochart lefit connoître. Ce fut par reconnoifiance que M. Huet accom-pagna cet excellent homme dans fon voyage en Suède, d’où iltira de grands avantages pour les Ouvrages dont il enrichit de-puis le Public: c’eft de là qu’il apporta un Manufcrit d’Origénequ’il avoit copié a Stokholm, & qu’il publia feize ans après fonretour. A fon arrivée dans fa patrie, il fe trouva élu Membred’une nouvelle Académie de BelleS-Lettres, & il en inftitua lui-même une de Phyfique, dont il fut le Chef, & à laquelle le RoiLouis XIV fit fentir les effets de fa libéralité. En 1670, il futappellé à la Cour pour être le Sous-Précepteur de Monfeigneurle Dauphin, fut enfuite reçu à l’Académie Françoife, & joignità une grande attention pour fes devoirs, un amour pour l’étudequi lui fit faire des chofes tout extraordinaires.,) On remarqueque fe dérobant quelquefois le foir de la Cour, il venoit paiferles nuits entières dans les Bibliothèques de Paris, pour y prendredes connoiirances qu’il ne trouvoit pas dans la fienne. Le fruitde cette afliduité au travail, fut fon excellent Ouvrage de laDé-monftration Evangélique, qui parut en 1679. H ne put le fairefans lire les Livres facrez, & fans méditer les plus grandes véri-tez de la Religion ; & il y prit tant de goût, qu’il réfolut de feconfacrer entièrement à Dieu dans l’état Eccléfiaftique. 11 étoitdéjà âgé de 46 ans lorsqu’il fut ordonné Prêtre, & le Roi lenomma peu après à l’Abbaye d’Aunay, qu’il rendit célébré parles Ouvrages qu’il y compofa dans les longs féjours qu’il y fitquelques années de fuite pendant la belle faifon. Il fut nomméen 1685 à l’Evêché de Soiffons, mais il n’en prit jamais pos-felîion, & il n’en avoit pas même les Bulles en 1689, lorsqueM. Fabio Brùlart de Sillery, nommé à l’Evêché d’Avranches,l’engagea à permuter avec lui. Il n’eut les Bulles de ce fécondEvêché que trois ans après, ce qui n’empêcha pas qu’il n’en prîtdès-lors un très grand foin; & lorsqu’il futfacré, on vit bien-tôt changer toute la face de ce Diocéfe. II y avoit près de dixans qu’il le gouvernoit, lorsque fes infirmitez l’obligèrent à s’endémettre entre les mains du Roi, qui pour le dédommager dela perte qu’il faifoit d’un allez grand revenu, lui conféra l’Abbayede Fontenay, près de Caen. M. Huet fe retira peu après chezles Jéfuites de la Maifon Profelîe de Paris, qu’il avoit toujoursaimez, & où il partagea fes jours entre la prière & l’étude, com-me il avoit toujours fait depuis qu’il avoit embraffé l’état Ecclé-fiaftique. Ce fut là qu’il termina une vie édifiante par une mortpaifible le 26 Janvier 1721, étant âgé de 91 ans. Voici la liftede fes Ouvrages, De clans Interpretibus, & de optimo Gcnere in-terpretandi, Paris, 1661, in quarto, Staden 1668 in oüavo, la Ha-ye 1683, in oüavo; Origems Commentaria in Sacram Scripturam,Grâce & Latine, cum Latina Interpretatione, Notis & ObJ'ervationi-bus Pétri Danielis Huet, Rouen 1668, in folio, Cologne 1685 ;( M. Huet n’a fait que retoucher l’ancienne Verfion, quoiqu’ob-fcure & défectueufe en une infinité d’endroits;) de l'Origine desRomans, Paris, 1670,» oüavo, 1678 in douze, 11585,1693: Lon-dres 1672 in feize traduit en Anglois, Amfterdam 1679 in feizetraduit en Flamand, la Haye 1683> in oüavo traduit en Latin;Dcmonftratio Evangelica, Paris 1679 & 1690, in folio, Amfterdam1680, in oüavo , 2 vol. Leipfic, 1694, in quarto; Cenfara Philo-fophia Cartefiana, Paris 1689 & 1694, in douze , Helmftad 1690,in quarto, Franequer 1690, in douze, Qtuftiones Alnetan* de Concor-diâ R ationis& Tidei, Caen 1690, in quarto; De la Situation du Pa-radis Terrefire, Paris 1691, in douze, Leipfic 1694 ,in feize en Latin,Amfterdam 1698, in oüavo en Latin avec une Diflertation fur lesNavigations de Salomon, & 1716 in douze en Flamand; Nou-veaux Mémoires pour fervir à l'Hiftoire du Cartéfianifme, Paris 1692,in oüavo, Utrecht 1698, in feize, Amfterdam 1698, in douze,( cette édition eft la plus ample ; ) Statuts fynodaux pour le Diocéfed’Avranches en 1693, avec des Suplémens des années 1695,1696 & 1698 , Caen, in oüavo; Vers Latins & Grecs , Utrecht1664 in oüavo, Déventer 1668, in oüavo, Amfterdam 1672, infeize, Utrecht 1700, Paris 1709, in douze; (à la fin de l’éditiond’Utrecht, il y a des Notes fur l’Anthologie des Epigrammes Gréques,) Origines de Caen, Rouen 1702 & 1706 fin oüavo ; Hiftoiredu Commerce & de la Navigation des Anciens, Paris 1716 ;in douze,Bruxelles 1717, in douze; Pétri Dan. Huetii Commentarius de rehus ad eum pertinentibus, Amfterdam 1718 in douze; Difcours pro-noncé à l'Académie Erançoife, Paris 1674, in quarto; De Naviga-îionibus Salomonis , Amfterdam 1698, in oüavo, & dans les Critiquesfacrez in folio; Les Origines de la ville de Caen & des lieux circon-voifins, Rouen 1702 in quarto & 1706 in oüavo; Lettre à M. Fou-cault Confeil/er d'Etat, far l’Origine de la Pdèfte Françoife; Lettre deM. Morin de l’Académie des Infiriptions ( c’eft à dire, de M. Huetlui-même) touchant le Livre de M. Toland, intitulé Adeifidamon& Origines Judaïce, inférée dans les Mémoires de Trévoux dumois de Septembre 1709; Dijfertations far diverfes matières de Re-ligion & de Philologie , recueillies par M. l'Abbé de Tilladet ; TraitéPhilofophique de lafoiblejfe de ÏEfprit humain, Amfterdam 1723, indouze; Hueùanu ou Penfées diverfes de M. Huet, Paris 1722 , indouze; Diane de Caftro, Paris 1728 , in douze; Traduüion Latineen manufcrit des Amours de Daphnis & de Chloé, faite à l’âge de18 ans; Réponfe en manufcrit à M. Regis touchant la MétaphjJiquede Defcartes; Des Notes manuferites fur la Vulgate; Recueil de cinqà Jix cens Lettres Latines SP Françoifes, écrites à des Savons. Il y ade plus dans le Recueil qui parut en 1704 à Paris, fous le titrede Pièces fugitives, une Lettre de M. Huet à M. Perrault fur leParallèle des Anciens & des Modernes ; dans le dixiéme tomede la Bibliothèque choifie de M. Jean le Clerc, un Examen dufentiment de Longin fur cet endroit de la Genéfe, Dieu dit quela lumière Joit faite, Sf la lumière fut faite; & on a trouvé entrefes Livres un Calepin enrichi d’une infinité de nouveaux mots,& de remarques curieufes. II y a auifi des Notes de M. Huetfur Manilius, imprimées à la fin de l’édition de cet Auteur faiteen 1679» in quarto l’ufage de Monfeigneur le Dauphin. * Mé-
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moires pour F Hiftoire des Sciences & des beaux Arts Avril, 1721.Voyez. l’Eloge par M. l’Abbé d’Olivet à la tête de PHuctwia. LeP. Niceron, Mémoires pour fervir à l’Hift. des Hommes Illu(lrcs,tome 1. Voyez en.core l’Hift. de l'Académie Françoife, tome 2. p. 389.&c. où l’Abbé d’Olivet défend M..Huet au fujet de fon TraitéPhilofophique, &c.
HUETE. Voyez GUETE.
H U F.
H UFNAGEL, (George) Peintre Flamand, né à Anversl’an 1545, s’attacha à la Peinture malgré fes parens, quiavoient réfolu de l’appliquer à l’Architeéture. Lorsqu’ils eurentperdu leurs biens au fac d’Anvers, Hufnagel paiTa en Allema-gne , avec le célébré Géographe Abraham Ortélius. Il préfentaquelques-uns de fes DeiTeins au Duc de Bavière, qui l’en récom-penfa libéralement, & lui donna de quoi faire un voyage en Ita-lie. A fon retour il fut aux gages de ce Prince, puis à ceux deFerdinand Archiduc d’Infpruck, par lequel il fut employé pen-dant huit années à peindre un Miffel, qui paife pour un Ouvra-ge parfait dans fon genre. Enfin il fut Peintre de l'EmpereurRodolphe, pour lequel il peignit quatre Livres d’animaux; carc’étoit fur-tout dans ce genre qu’excelloit Hufnagel. Le premierLivre étoit de bêtes à quatre piez; le fécond de reptiles ; le troi-iiéme d’oifeaux ; & le quatrième de poifions. Il fe mêloit auffide Poëlle, & faifoit paifablement des vers Latins & Allemans.Après avoir aquis beaucoup de biens & de réputation, il mou-rut l’an 1600 à Page de 55 ans. Son fils appellé Jean Hufnagela exercé l’art de Peinture avec affez de diftinélion. * Sandrart,Academ. Piüuut Erudit, partie 2. /. 3.
H U G.
H UGHTENBURG. Voyez HUCPITENBURG.
HUGO ou HUGON (Herman) Jefuite, né à Bruxel-les l’an 1588, mort de pefte à Rhinberg le 10 Septembre de l’an1629, âgé de41 ans, Poète Latin, eft plus connu par le petitvolume de fes vers, que par le grand nombre des Ouvrages qu’ila faits en profe, quoiqu’il y en ait parmi ces derniers de certainsqui lui ont aquis la réputation de bon Ecrivain. Nous avons fesvers fous le titre de Pieux Déftrs , divifez en trois Livres, le pre-mier ,les Gémijfemens de l’Ame pénitente; le fécond, les Vœux de l'A-me J'ainte; le troifiéme, les Soupirs de l'Ame amante. L’Ouvrageeft accompagné d’emblèmes ailèz ingénieux & de réflexions tou-chantes , tirées des Pères de l’Eglife. Ce font des vers Elégia-ques, pleins de piété & de tendrefle. * Olaiis Borrichius, Dijfert.de Poét. Lat. Baillet, Jugement des Savons far les Poètes modernes,tome 4. partie 2. p. 35. «. 1414. édit, d’Amfterdam 172$.
HUGO, (Charles Louis) Chanoine Régulier, de la réformedes Prémontrez, Dofteur en Théologie, Abbé d’Eftival, Evê-que de Ptolémaïde, attaqua pour fon coup d’éflai le Syftème deM. Faydit fur la Trinité: il imprima fon Ouvrage en 1699, chezChevalier à Luxembourg. M. Faydit lui répondit fous le titre d ’A-pologie du Syftème des Sts. Pères far la Trinité , ou Réponfe à la Ré-futation du Syftème de l'Abbé Faydit far la Trinité, à Nancy chezPaul Barbier en 1702. L’Abbé d’Eftival y répliqua & fit imprimerfon Ouvrage à Paris chez Jean Moreau en 1702, fous le titre deRéponfe à l’Apologie du Syftème de M. l’Abbé Faydit far la Trinité.Comme M. Faydit dans' fon Apologie s’étoit raproché des fenti-mens orthodoxes, forcé de le faire par la force des argumens defon adverfaire, le combat fe réduifit à deux ou trois points,dans lefquels on lui montra qu’il n’étoit pas encore parfaitementréconcilié, ni avec la Foi ni avec les Doéieurs de l’Eglife. Durantcette conteftation avec M. Faydit, le P. Hugo entreprit la Cri-tique de l'Hiftoire des Chanoines, contre le P. Chaponel, ChanoineRégulier de Ste. Géneviéve, qui avoit ofé avancer qu’avant leXII Siècle, tous les Chanoines vivoient dans l’obfervation duvœu de pauvreté. Il joignit à cette queftion importante qu’iléclaircit & conduit de fiécle en fiécle, une Diflertation pourprouver contre le même P. Chaponel que l’Ordre des Prémon-trez étoit Canonique dès fon origine, & qu’il eft faux que cet Or-dre ait commencé de l’être feulement en 1140, depuis fon afTocia-tion aux Chanoines Réguliers de l’Abbaye de Beaulieu près deBar-far-Aube. Ces deux Ouvrages furent imprimez chez Cheva-lier à Luxembourg, en 1700. En 1704, il imprima chez le mê-me in quarto la Vie de St. Norbert fon Patriarche, enrichie deNotes hiftoriques. En 1715 , il publia la Vie de la vénérable Mè-re Erard, Supérieure des Religteufes du Refuge ou des Madelonettcs de.Nancy. Depuis ce tems, M. le Duc de Lorraine l’ayant appliquéà faire l’Hiftoire de fa Maifon, il ne fournit rien à la Républiquedes Lettres, fon travail étant refté en manufcrit entre les mainsde fon A. R. ainfi que le Nobiliaire de Lorraine qu’il compofapar fes ordres. En 1715, il donna au public un Recueil, deplufieurs Hiftoriens, qui n’avoientpas encore vu le jour, & l’im-prima dans fon Abbaye fous letître de, Sacra Antiquitatis MonumcntaHiftorica, Dogmatica, Diplomtica ; le fécond tome doit paroîtreau premier jour, & de fuite les Annales de l’Ordre des Prémon-trez ausquelles il a travaillé depuis dix ans. Nous avons encoredu même Abbé plufieurs Pièces fugitives; telles font fes DiiTer-tations fur les Médailles du Pape Clément XI, & de Léopoldprémier Duc de Lorraine ; fon Journal littéraire imprimé à So-leurre ; plufieurs Pièces pour la défenfe des droits de fon Eglife& de fon indépendance ; des Réponfes au P. Ethéart Abbé Ré-gulier de St. Paul de Verdun, & au P. Gauthier Chanoine Pré-montré, qui l’avoit attaqué au fujet de l’habit blanc, que cetAbbé avoit foutenu n’avoir pas été donné ou montré en vifionpar la Ste. Vierge à St. Norbert. On lui attribue auifi l’Origine
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