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4 (1740) Lettres F - H
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H U G

H U G.

it la Maifon de Lorraine imprimée à Berlin, fous le nom deBaleicourt, & les Mémoires produits au Confeil d’Etat de S. A.R. de Lorraine par les Chanoines Réguliers, pour revendiquerla préféance fur l’Ordre Monallique dans les Âffemblées Eccléfia-lliques & Civiles. * C et Article cfi tel qu'il a été envoyé.

HUGO de GROOT ou GROTIUS. Voyez GRO-TIUS.

HUGOCIONIO, (François) nommé le Cardinal de Bour-deaux, parce qu’il fut Archevêque de cette ville, étoit Angiois,ou, félon d’autres, Italien & natif de la ville de Pife. La répu-tation que la Science du Droit lui aquit, le fit connoître au Pa-pe Boniface IX, qui lui donna l’Archevêché de Ëourdeaux en1389, & le fit depuis ion Légat dans la Gafcogne & dans lesRoyaumes de Navarre, de Caftille, de Léon & d’Aragon. In-nocent VU le fit Cardinal l’an 140s- On l’employa encore à di-verfes affaires importantes, & principalement pour finir le Schifme. En 1409, il fe trouva au Concile de Pife, & trois ansaprès il mourut à Florence le 14 Août 1411. * Aubery, Hifi.des Card. Enguerrand de Monltrelet, Cbron. Ciaconius. Sainte-Marthe, Gall. Chrift. tome I. p. 221.

HUG 0 L 1 N, (Barthélemi) favant Jurifconfulte d’Italie, na-tif d’une petite ville de Lombardie, ayant été reçu Dofteur enDroit à Bologne, fe retira en fon païs, & s’y fit Prêtre. Il com-pofa fes Traitez Latins, lesquels, quoiqu’écrits avec affez peude pureté, ne laiffent pas d’être fort eftimez, pour la foliditéde la doftrine. Le premier de fes Ouvrages fut fon Livre des Sa-cremens, qu’il préfenta au Pape Sixte V, & dont il fut bien ré-compenfé. Hugolin a encore écrit, de Cenfuris Ecclcf; de Cenfiiris refervatis fummo Pontifici; de juftitia 2 ? validitate Monitorii ,&c. * Janus Nicius Erythr. Pinacotb. Vir. Illuftr. Voyez Hugo-lin, dans Du Pin, XIVfiécle.

HUGOLIN MALABRANCA. Cherchez MALA-BRANCA.

HUGONET, (Philibert) Cardinal, Evêque de Mâcon,dans le XV fiécle, fut élevé à cet Evêché après fon oncle Etien-«e Hugonet, fut depuis envoyé par Charles le Hardi, Duc deBourgogne, en diverfes Ambaffades,& à fa confidération obtintle chapeau de Cardinal, que le Pape Sixte IV lui donna en 1473.I! étoit â Rome l’an 1477, lorsqu’il apprit la mort funefte de fonfrère Guillaume Hugonet, Chancelier de Bourgogne. Les Gan-tois lui avoient fait trancher brutalement la tête, & au Seigneurd’Imbercourt, fous prétexte de quelques concufEons, & fansêtre touchez des prières & des larmes de leur Princeffe, Mariede Bourgogne, qui vint toute échevelée dans la place publique,leur demander la vie de ces deux fidèles ferviteurs. Cette nou-velle affligea extrêmement le Cardinal Hugonet, qui ne voulutplus retourner en Flandre. 11 fe fit un plaifir de protéger lesHommes de Lettres, fut Légat à Viterbe, & mourut à Rome en1484, & non en 1493, comme Sweertius & d’autres l’ont cru.

* Philippe de Comines, /. 5. c. 17. Sweertius & Sainte-Mar-the , de Epifc. Matifc. Frifon , Gall. Purp. Auberi, Hifi. desCard. &c.

HUGOTIO. Voyez BOBON.

HUGUENOT. On appelle Huguenots en France, ceux quifuivent les fentimens de Calvin, & qui s’appellent Réformez-L’on rapporte differentes étymologies de ce nom, dont les Au-teurs difputent encore. On n’en fait pas bien l’origine. Lesuns le font venir de Jean Hus, comme qui diroit les Guenons deHus , dont les Calviniftes ont adopté la dottrine ; âc les autresde Hugues Capct , dont les Huguenots défendoient le droitqu’avoit fa lignée à la Couronne, contre le parti de ceux de laMaifon de Guife, qui fe prétendoient defeendus de Charlema-gne. Il y en a qui le tirent de Hugues, Sacramentaire, qui en-seigna la même doétrine fous le régne du Roi Charles IV. Ily a une petite monnoye valant une maille, & portant le nomde Huguenote, du tems de Hugues Capet, & quelques-uns pré-tendent que c’eft de là qu’on a nommé les Calviniftes Hugue-nots, comme ne valant pas une maille. D’autres difent que cenom leur fut donné par dérifion d’un Alleman, qui étant pris &interrogé fur la conjuration d’Amboife par le Cardinal de Lorrai-ne , demeura court dès le commencement de fa harangue, quidébutoit par ces mots, bue nos venimus , c’eft à dire, nous Jbmrntsvenus ici : ce qui donna lieu aux Courtifans qui n’entendoientpoint le Latin, de fe dire les uns aux autres, que c’étoient desgens qui venoient de Hue nos. Pafquier rapporte que le menupeuple de Tours étoit peifuadé qu’un Lutin appellé le Roi Hugon,couroit toutes les nuits par la ville; & que comme les Réformezne fortoient que la nuit pour faire leurs prières, c’eft de-là qu’onles nomma Huguenots, comme étant Difciples du Roi Hugon: cet-te opinion paroît la plus plaufible. D’autres difent que ce fut àcaufe qu’ils tenoient leurs Affemblées proche de la porte-Hugon.D’autres enfin affurent que ce nom eft venu des Eidgnojfcn deGenève, où l’an 1618, le peuple fut partagé en deux faétions,les uns voulant maintenir leur liberté contre le Duc de Savoye,& les autres foutenant le parti du Duc. Ceux-ci appelèrent lespremiers Eidgnojfcn ,qui fignifie Alliez, ou. Confédérez-, parce qu’ilsavoient fait alliance avec le Canton de Fribourg; & les Eidgnof-fen fe glorifiant de ce nom, qui marquoit leur amour pour leurliberté, appelaient ceux du parti contraire les Mammelus , leurreprochant par-là, qu’ils fe vouloient rendre efclaves du Duc deSavoye, comme les Mammelus l’étoient du Soudan d’Egypte.Les Eidgnoffen eurent l’avantage, & chafférent les Mammelus.Ils étoient alors tous Catholiques; mais la plupart ayant depuisembraffé la Réformation que ceux de Berne, leurs Alliez,avoientreçue, il s’éleva dans Genève deux nouveaux partis, l’un desCatholiques & l’autre des Proteftans. Ceux-ci étant devenus lesplus forts, chafférent les Catholiques, & il ne relia dans la villeque les feuls Alliez du Canton de Berne, qui gardèrent .le nomd’Eidgnoffen, & qui étoient tous ZuingÜens. De-là vient, que

quand les Eglifes Réformées de France reçurent la Réformation,ceux que l’on appelloit auparavant Luthériens en ce Royaume,y furent appeliez Huguenots, du nom des Eidgnoffen de Genè-ve , un peu autrement prononcé. On a remarqué que les troisSeigneurs qui ont eu le plus d’averfion pour les Huguenots, onteu tous trois des femmes Huguenotes, le Duc de Montpenfier,le Duc de Guife, & le Maréchal de Saint-André, de la Maifond’Albon. Le premier époula Jacqueline de Longwy; le fécond,Anne d’Elt; & le troiliéme, Marguerite de Lulhac. ” Maim-bourg, Hifi. du Calvinifme. Corneille, Diüiotmaire des Arts. VoyezCALVINISTES. Colomiez, Mélanges Hijioriques.

HUGUES, (Saint) Evêque de Grenoble, né l’an 1053, àChâteau-neuf fur l’ifére près de Valence en Dauphiné, de parensplus riches patdeur pieté que par les biens de la fortune, futpourvu d’un Canonicat en l’Eglife Cathédrale de Valence. Ils’attacha au célébré Hugues, Légat du Pape Grégoire VII, enFrance, & le fuivit à Lyon, puis à Avignon, où pendant la cé-lébration d’un Concile, des Députez vinrent de la part du Cler-gé de Grenoble, le demander pour Evêque. Le Légat lui con-féra tous les Ordres, & lui perfuada de venir avec lui à Rome,pour recevoir du Pape même la confécration Epifcopale; parceque Garmond, Archevêque de Vienne , & (on Métropolitain,paffoit publiquement pour un Simoniaque. Le Pape le facra E-vêque de Grenoble; & la Comteffe Mathilde, qui étoit alorstrès puiffante en Italie, fournit tout ce qui étoit néceffaire pourla cérémonie de ce facre. Saint Hugues partit de Rome, & ferendit à fon Diocéfe, où il s’efforça en vain pendant deux ansde remédier aux defordies qui y régnoient. Enfuite il fe retiradans l’Abbaye de la Chaize-Dieu, Diocéfe de Clermont en Au-vergne, de l’Ordre de Cluni, cù il prit l'habit de faint Benoît;mais le Pape ayant appris fa retraite, lui envoya aulfi tôt unordre exprès de retourner dans fon Diocéfe. Environ trois moisaprès fon retour à Grenoble, il y reçut faint Bruno & fes fixcompagnons, & les établit dans la grande Chartreule. Il affiftaau Concile de Vienne en 1112, où l’Empereur Henri IV futexcommunié, pour avoir enlevé par trahifon le Pape Pafchal II,& tout le Clergé de l’Eglife Romaine. Dans le Schifme de Pier-re de Léon contre le Pape Innocent II, il fe trouva avec les au-tres Prélats au Concile du Puy en Vélay, où l’on excommuniace Schifmatique. Ce faint Prélat mourut le premier Avril 1132,âgé de 82 ans moins quatre mois, après 52 ans d’épifeopat, &fut canonifé par le Pape Innocent 11 , le 12 Avril 1134, deux ansaprès fon décès. Quelques Savans prétendent que c’eft le pre-mier exemple d’une canonifation folemnelle faite dans les forma-litez que l’on a depuis pratiquées dans l’Eglife; mais il eft aifé defaire voir la fauffeté & le peu de fondement de cette prétention.* Bollandus. Baronius. Baillet, Vies des Saints , premier Avril.Sainte-Marthe, Gallia Chrifi.

HUGUES, (Saint) Abbé de Cluni, fils de Dalmace Seigneurde Semur , qui defeendoit des anciens Ducs de Bourgogne &d 'Aremberg, de l’ancienne Maifon de Vergy, vint au monde l’an1024. Son père l’ôta des mains d’un Prêtre qui lui enfeignoitles élémens de la Langue Latine, & voulut lui faire embraftèr leparti des armes; mais le jeune Hugues rejettant les vues de gloi-re & d’ambition dans lefquelles on vouloir le faire entrer, obtint,après bien des inftances, la permiflion d’aller étudier à Challon-fur-Saone. Pendant le cours de fes études il entendit parler dela fainteté des Religieux de Cluni, dont faint Odilon étoit Ab-bé, & il alla lui demander l’habit. Après la mort de ce Saint,il fut élu Abbé & Général de tout l’Ordre, qu’il gouverna avecun zélé & une prudence admirable. La réputation de fa fainte-té fe répandit bientôt par toute l’Europe : de forte que les Pa-pes, les Empereurs & les Rois, conçurent une eüime particu-lière pour fa perfonne. L’Empereur Henri III le choifit pourparrain de fon fils, que l’Abbé nomma Henri, du nom del’Empereur fon père. Ce fut pour cet Empereur que faint Hu-gues s’employa auprès du Pape Grégoire VII, afin de faire leverles cenfures, qu’il avoit encourues pour avoir fait injuftement laguerre au Saint Siège. Alphonfe Roi d’Efpagne, fils du grandFerdinand, fe voyant privé du Royaume par fon frère Sanche,qui le retenoit en prifon, eut recours au faint Abbé. Il adoucitla colère de Sanche, & procura la liberté au Roi Alphonfe, quidonna de grands revenus à l’Abbaye de Cluni, en reconnoiffan-ce de ce bienfait. Depuis, Hugues fut fupplié par tous les E-vêques de Bourgogne de fe tranfporter en la ville d’Autun, pourréconcilier l’Evêque , nommé Haganon , avec Robert Duc deBourgogne, qui défoloit le pais, fous prétexte de quelque mé-contentement qu’il avoit reçu de cet Evêque. Le faint Abbé ferendit à la Cour du Duc, & obtint de lui tout ce que l’on fou-haitoit. Le Pape Léon IX voulut être accompagné de faint Hu-gues, dans un voyage qu’il fit en France. Son fucceffeur ViftorH, envoyant le Cardinal Hildebrand fon Légat en France, luiordonna de prendre avec lui l’Abbé de Cluni, qui fe trouva auConcile de Lyon. Etienne X, qui fuccéda au Pape Viétor, vou-lut mourir entre les bras de faint Hugues. Alexandre II le fitfon Légat, pour connoître de l’affaire de Robert, qui fe difoitAbbé de Richenou, au Diocéfe de Confiance fur le Rhin. Gré-goire VII le manda à Rome pour fe fervir de fon confeil. Versce tems-là il alla au Mont-Caflin, & affocia Cluni à cette célébréAbbaye. Saint Hugues fit piufieurs Réglemens utiles touchantl’Office divin, & entre autres pratiques ordonna que dans l’ofta-ve de la Pentecôte, on chanteroit l’Hymne Veni Creator : ce quia été reçu par toute l’Eglife. Enfin Dieu l’appella au Ciel le 29Avril 1108 ou 1109, âgé de 85 ans, après avoir gouverné l’Or-dre de Cluni pendant 60 ans, deux mois & huit jours. Il fut misau nombre des Saints par Callixte II. Sa fête eft marquée au 29Avril. * Hildebert Evêque du Mans, Vie de faint Hugues, Abbéde Cluni. Sainte-Marthe 3 Gallia Cbrifiiana. Baillet, Fies des Saints,29 Avril.

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