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comme suroît créé la nature prodigue, et de sapuissance, et de ses attraits, et de ses charmes.Celle-ci fournit il est vrai les matériaux à la po-ésie, mais elle veut, comme de droit, en être lemodèle. C’est donc dans la nature que le po-ète étudiera ; et l’objet le plus intéressant quela nature présente à l’homme, est l’homme lui-même. Or, dans l’homme, il faut étudier lanature humaine en soi, les effets de l’habitude,et la nature modifiée par les mœurs. De là, ceprécepte d'Horace:
Respïcere excmplar vitœ morumque jubeboDocïum imitatorem, et. veras hinc ducere votes.
Si l’on nous demandoit où le poète ira cher-cher la nature pour la consulter, répondons:dans lui-même. « C’est moi que j’étudie,quandje veux connoltre les autres, >> disoit Mr. de Fon-tanelle ; et sous combien de faces Montagne nenous peint-il pas tous tant que nous sommes,en ne nous parlant que de lui! Mais reprenonsce qui regarde la poésie en soi.
On peut comparer l’effet de la poésie à celuide ces fleuves larges et tranquilles, qui, par leurssinuosités, présentent aux charmants paysage»