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Voyages en Anglois et en François d'A. de La Motraye, en divers provinces et places de la Prusse ducal et royale, de la Russie, de la Pologne etc. ...
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i6S VOYAGES

1715 une centaine de Ducats, nonplus que ne faifoit Monfieur Jeffreys.qui lui en prêta 1000. Je n’en ai ja-mais rien reçû non plus que lui , 6cil n’y a pas ¿’Apparence que nous enrecevions jamais Rien, fur quoi jerends graces au Ciel que la Perte n’eftpas plus grande; je fouhaiterois quece fut l’unique 6c la plus grande, quej’aye faite pour avoir obligé des prétendus Amis ou m’être fié à des Gens quim’ont trompé fous le voile de l’Ami-tié; j’ai au moins cette fatisfaêtionque j’ai fi bien pris mes Mefures quependant près de 32 Ans de Voyagesje n’ai jamais emprunté un Soûdeper-fonne ni dû un Soû que je ne pûfle pa-yer fur le champ Le Comte me don-na une Lettre de Change fur le Gou-verneur de Rawitz , petite Ville defa dépendance , mais ce Gouverneurau lieu de la payer, dit qu’il lui de-voit a lui même de l’Argent 6c quecerte Ville étoit déjà engagée pourplus qu’elle ne valait ; j’ai bien écrit20 Lettres au Comte là-deffus, il n’arépondu à aucune ; je lui ai fait pár-ler par des Amis que j’avois en Polo-gne 6c en Ruffe ; il leur a répondu tan-tôt qu’il avoit donné fes Ordres pourle payement tantôt qu’il les donne-roit; je lui ai marqué dans ma de'rnie-re Lettre de Pologne où j’appris qu’ilétoit retourné en Ruffle , qu'il me fou-venoit qu’il m’appelloit fon cher A-mi , quand il avoit befoin de maBourie, mais que fon filence a toutesmes Lettres, l’Inexcution de fes pré-tendus Ordres donnez me faifoientcraindre que je n’euffe perdu mon Ar-gent 6c fon Amitié en même Temps;il n’y a pas répondû plus qu’aux au-tres ; s’il me payoit jamais contre tou-te Apparence, je lui rendrai la jufticede le publier dans le premier Vol, queje ferai imprimer avec mes Remerci-mens. Son Fils avoit un Aparte-ment fort propre chez le Prince,l’Imperatrice l’avoit fait Chambel-lan , & il faifoit une allez bonne Fi-gure.

‘Pierre

D’A. D. L, M.

me a Bill of Exchange on the Gover-nour of Rawnz , a (mail Town of hisDependance , that Governour farfrom difcharging it, faid that, befidesthe Count owed him Money, theTowu was Pawn’d for more than it’svalue, i wrote to the Count 20 Lettersat leaf!, fince his Bill was protefted,he anfweard none, i wrote to fomeFreinds of mine and his in Poland 8cRuffia defiring them to fpeak withhim about it , he anfwear’d now thathe had given then that he would gi-ven his Orders for the Payment, i wro-te him in my lait from Poland wherei heard when i came thither , that hewas goneback to Ruffia that i remem-bred he call’d me his moft dear Freind'at Bender when he wanted my Purfe,

I that his filence to my Letters his ver-bal Anfwearsto my Freinds. 6cc thelne-j xecution of his pretended Orders mademe fear i had loft his Freindship and my! Money roo, i have receiv’d no anfwear¡to this neither, if he does pay me#j which i dare not hope , j’ll do him theIJ u it ice to acknowledge it with Thank-jfullnefs in my next Vol. His Son¡ had a fine Apartment in Prince Men -zikoff’s Palace the Fmprefs made himone of her Chamberlains, and hemade a pretty fine Figure.

Peter I. delighted with thefe Buil-dings which gave a great Lüfter to hisCity, refolv’d upon making asa new,noble 6c large Town there 6c thatWholly of Stones 6c Bricks by addingmany more Houfes thereto or encrea-CmgPrince Menztkoff little Town , nayi was aifured that, as a Complimentto him , he would have it to be call’dAlexandria (d) in Confideration ofthat which he had done already to-wards it , he was unwilling thatthis Favorite should be at the wholecharge thereof ; according to his Re-folution heordred feveral Bdiars whomhe knew or heard from Prince Menzi-\koJf to be rich not only to build Hou-fes of Brick there but to come and li-ve there, each with his Family in! one