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6 (1835) De l'Allemagne, 2
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DE L’ALLEMAGNE.

s’il gagne, il n’épargnera ni amis ni ennemis.Je ne conseille du moins à personne de tropapprocher. J’en ai peur moi même! »

Quelque temps après que Goethe eét écritson Werther, me racontait un jour le vieuxet respectable Gleim, je vins à Weimar,où j’aurais été charmé de faire connaissanceavec lui. Je fus invité chez la duchesse Amélie,a une soirée où l’on disait que Goethe devaitvenir plus tard. J’avais apporté, comme nou-veauté littéraire, le dernier almanach desMuses de Goettingue, dont je lus successive-ment à la société divers passages. Pendantque je lisais, un jeune homme avec hottes etéperons, et vêtu d’un court habit de chassevert, s’était mêlé, sans que je l’eusse beaucoupremarqué , aux autres auditeurs. 11 s’assit de-vant moi, et écouta très attentivement. Al’exception d’une paire d’yeux , d’un noir bril-lant tout italien , je n’aurais trop su que trouverde distinctif en lui. Mais tout était arrangépour que je le connusse davantage. En effet,pendant une petite pause , où quelques hom-mes et dames donnaient leur avis sur tel ou