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DE L ALLEMAGNE.
blâme. La hauteur de M. Cousin n’en paraîtque plus sublime , quand on voit qu’il a apprissa philosophie allemande sans savoir la languedans laquelle on l’enseigne. Combien ce génienous dépassc-l-il, nous autres hommes ordi-naires qui ne comprenons qu’à grand’peinecette philosophie, tout familiers que nous som-mes, dès l’enfance, avec la langne allemande!Le propre d’un pareil génie demeurera tou-jours inexplicable pour nous : c’est là une deces natures intuitives auxquelles Kant attri-bue la compréhension spontanée des chosesdans leur totalité , contrairement au procédéde nous autres , natures analytiques , qui n’ar-rivons à comprendre que successivement, etpar la combinaison des parties isolées. Kantsemble avoir, dès lors, pressenti qu’un telhomn\e apparaîtrait, qui comprendrait sa Cri-tique de la raison pure par une simple con-templation intuitive, sans avoir, selon la mé-thode-analytico-discursive, appris l’allemandau préalable. Mais peut-être les Français sont-ils en général plus heureusement organisésque nous autres Allemands ; j’ai remarquéqu’on n’a besoin de leur dire que peu de chosed’une doctrine, d’une recherche savante, d’une