DE l’aEBEMAGNE .
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se nommait Sophie. Elle vivait à quelqueslieues de Goellinguc , chez sa sœur, qui étaitmaîtresse de poste , grosse femme joviale , auxjoues vermeilles et au sein prépondérant, queles l’aides dentelles dont il était garni faisaitressembler à une forteresse , mais cette forte-resse était imprenable ; car cette femme étaitun Gibraltar de la vertu. C’était une femme ac-tive, toute pratique, toute ménagère, et cepen-dant tous ses plaisirs consistaient à lire les ro-mans d’Holl’mann. Dans Hoffmann elle trouvaitl’homme qui s’entendait à secouer sa rude na-ture, et à lui imprimer d’agréables mouvemens.Quant, à sa pale et tendre sœur, la vue seuled’un livre d’Hoffmann lui causait une impres-sion désagréable ; et si elle en louchait un parméprise, elle se retirait en elle-même involon-tairement. Elle était délicate comme une sen-sitive , et scs paroles étaient si parfumées, siharmonieuses ! Quand onles mettait ensemble,elles devenaient tout naturellement des vers.J’ai noté plusieurs choses qu’elle m’a dites : cesont de singulières poésies tout-à-fait à la ma-nière de Novalis, maisencore plus spiritualiséeset plus éclatantes. IJne de ces poésies , qu’elleme disait lorsque je lui lis mes adieux en par-