OE l’allemagne.
teignis la lin de l’histoire; mais jamais je n’ou-blierai le jour où je lus le récit de ce malheu-reux combat où le chevalier fut si tristementvaincu.
C’était un triste jour : de laids nuages griscouvraient un ciel gris ; les feuilles jaunies sedétachaient douloureusement des arbres ; delourdes larmes de pluie étaient suspendues auxdernières fleurs, qui inclinaient mélancoli-quement leurs têtes mourantes. Les rossignolsavaient depuis long-temps cessé de chanter;l’image de la décadence de toutes choses m’en-vironnait de toutes parts, et mon cœur faillit sebriser lorsque je lus comment le noble chevalierse trouva étendu tout poudreux et tout meurtrisur le sol, et comme sans lever sa visière, éle-vant vers son vainqueur une voix creuse et af-faiblie qui semblait sortir du fond d’une tombe,il lui dit : « Dulcinée est la plus belle dame del’univers, et moi le plus malheureux des che-valiers du monde entier; mais il ne convientpas que ma faiblesse me fasse nier cette vérité...Percez-moi de votre lance , chevalier ! »
Ilélas ! cet éclatant chevalier du croissantd’argent, qui vainquit le plus vaillant et le plusnoble des chevaliers, c’étaitun barbier déguisé..