22
DE L ALLEMAGNE.
ncluel diffère de la période féodale du moyen-âge ; de même il haïssait Euripide , qui n’étaitpas enivré du moyen-âge de la Grèce commel’étaient Eschyle et Sophocle , mais qui se rap-prochait déjà de la tragédie bourgeoise. Jedoute que M. Schlegel sache le véritable motifqui l’a porté à mettre Euripide si bas, en lecomparant à Eschyle et à Sophocle ; mais jepense qu’un sentiment ignoré de lui-mêmeguidait sa plume , et qu’il sentait dans le vieuxtragique l’élément moderne , la bourgeoisie etle protestantisme qui, jadis, était déjà si enhaine au catholique-païen , au marguïllierathénien Aristophane.
Mais je lais peut-être à M. Schlegel un hon-neur cpiil n’a pas mérité , en lui prêtant dessympathies et des antipathies : il se peut qu’iln’en ait aucune. Dans sa jeunesse, il fut unhelléniste ; et , dans un âge plus avancé , ildevint un romantique. Il se lit le coryphée de
la nouvelle école : elle reçut son nom et celui
«
de son frère ; et, de tous ceux de cette école ,il fut peut-être celui qui la prit le moins ausérieux. Il la soutint de ses talens ; il la se-conda par ses études , se réjouit tant que la