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2 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

quelle température spirituelle et physique était la mieuxadaptée et la plus salutaire à ma nature. Ma vieillemère sétait souvent reproché depuis davoir déclinéune proposition aussi raisonnable; mais à cette époqueelle avait rêvé pour moi des dignités mondaines desplus superbes et des plus brillantes. Ensuite elle avaitété dès sa première jeunesse une élève de lécole deRousseau, dont le déisme rationnel allait bien à son ca-ractère rigide et presque puritain; et encore pourdautres raisons elle ne pouvait se luire à lidée que sonfils aîné endosserait cette soutane disgracieuse et malcousue dont elle voyait affublés les ecclésiastiques demon pays. Elle ne savait pas quun abbate romain portece vêtement tout autrement que les prêtres de lAlle-magne , braves gens sans doute, mais pour la plupartquelque peu mal léchés et dune propreté équivoque,qui prouve bien quils ne veulent plaire quau bon Dieu.Ma mère 11avait jamais vu un signore abbate se draperdune façon coquette et séduisante dans son petit man-teau noir, qui est l'uniforme sacré du muscadin tonsuréet du bel esprit à leau bénite dans cette ville de Rome,capitale éternelle de la beauté et de la galanterie. Unabbate romain ne sert pas seulement lÉglise du Christ,mais aussi Apollon et les Muses. Il est leur mignon, etles Grâces lui tiennent lécritoire quand il compose sessonnets quil récite avec des intonations harmonieuses àlacadémie des Arcadiens. 11 est connaisseur des arts, etil na besoin que de tâter le cou dune jeune cantatrice