Druckschrift 
2 (1863)
Entstehung
Seite
187
Einzelbild herunterladen
 

DE lalle magne.

187

sympathie profane pour ces restes du paganisme, pour

ces beaux temples et ces belles statues qui bien avant la

»

naissance du Christ nappartinrent plus à une religionmorte, mais à lart qui vit éternellement. Un jour que jefuretais à la bibliothèque, les larmes me vinrent aux yeuxen lisant la défense des temples grecs par Libanius. Levieil Hellène conjurait les dévots barbares, dans lestermes les plus touchants, dépargner ces chefs-dœuvreprécieux dont lesprit plastique des Grecs avait orné lemonde. Inutile prière ! Les Heurs du printemps delhumanité, ces monuments dune période qui ne refleu-rira plus, périrent à jamais sous les efforts dun zèle des-tructeur... Non, sécria mon savant ami en continuantson oraison, je ne massocierai jamais, par la publica-tion de cet ouvrage, à un semblable méfait j non, je doisle brûler, comme jai brûlé les autres. O vous! statuesde la beauté, statues brisées, et vous, mânes des dieuxmorts, ombres bien-aimées qui peuplez les cieux de lapoésie, cest vous que jinvoque ! Acceptez cette offrandeexpiatoire, c!est à vous que je sacrifie ce livre !

Et Henri Kitzler jeta son manuscrit au feu qui pétillaitdans la cheminée, et de la Magnificence du christia-nisme il ne lesta bientôt quun tas de cendres.

Ceci se passa à Goettingue, dans lhiver de 1820, quel-ques jours avant cette fatale nuit du premier jour de lan lhuissier académique, Doris, reçut une si terriblevolée de coups, et quatre-vingt-cinq cartels furentlancés entre les deux partis opposés de la Burschenschaft