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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
presario m’engagea alors à rédiger les principaux détailsde notre conversation, afin d’en enrichir plus tard lelibretto qu’il voulait offrir au public le soir de la repré-sentation. C’est encore pour obéir à cette invitation quej’ai écrit la lettre (qu’on lira plus loin) à M. Lumley surle Faust historique comme sur le Faust mythique ; je n’aidonné dans cette lettre que des indications insuffisantes,et je ne puis me dispenser de résumer d’abord en peu demots le résultat de mes recherches pour tout ce qui con-cerne l’origine et le développement de la légende, de lafable de Faust.
Ce n’est pas, à proprement parler, la légende deThéophile, sénéchal de l’évêque d’Adama en Sicile, maisun vieux drame anglo-saxon sur cette légende, qui doitêtre considéré comme le fondement de la fable de Faust.Dans le poëme de Théophile, poëme en bas allemandque nous possédons encore, on remarque des archaïsmessaxons ou anglo-saxons, espèces de mots pétrifiés, delocutions fossiles, preuve certaine que ce poëme n’estque l’imitation d’un original plus ancien perdu dans lecours des âges. Cet original doit avoir encore existéquelque temps après la conquête de l’Angleterre par lesNormands, car il a été manifestement imité par le poëtefrançais Rutebeuf, et il a paru au théâtre sous la formed’un mystère dont M. Charles Magnin a parlé avec détail,il y a sept ans environ, dans le Journal des Savants.Quand le poëte anglais Marlowe écrivit son Faust , cemystère du troubadour Rutebeuf ne lui fut pas inutile ;