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2 (1863)
Entstehung
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54
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

péage, dans un tonneau placé auprès, une partie dé-terminée de son avoir, sans qu’aucun homme fût pré-sent. Cela se fit ainsi. Pourtant quelques curieux s’é-taient placés sous le pont, au moins pour entendre Jedépart des nains,' et ils entendirent pendant beaucoupd’heures le piétinement des petits hommes, ce qui leurfit l’effet d’un grand troupeau de moutons qui passeraitsur le pont.

Il faut soigneusement distinguer des nains, qui sontles esprits de la terre, les elfes ou sylphes, esprits aériensqui sont aussi plus connus en France, et sont principa-lement célébrés dans les poésies anglaises. Si les elfesn’étaient pas immortels par leur nature, ils le seraientdevenus par Shakspeare. Ils vivent éternellement dansles songes des nuits d’été de la poésie. On n’oubliera nonplus jamais la reine des elfes de Spencer, au moins tantque l’on comprendra l’anglais.

La croyance aux elfes est, à mon avis, d’origineplutôt celtique que Scandinave. C’est pourquoi il existeplus de traditions d’elfes à l’ouest du nord que dans lapartie orientale. En Allemagne, on sait très-peu de chosesur les elfes, et i.l n’existe là qu’un écho amorti des tra-ditions bretonnes. Mais elles sont pleines de vie et floris-santes en Irlande, en Écosse, en Angleterre et dans lenord de la France. En résonnant jusque sur les côtes deProvence, elles s’y sont mêlées avec la croyance desfées de l’Orient. C’est d’une pareille union que naissentles beaux lais du comte Lanval que la belle fée distingua