DE L'ALLEMAGNE.
Î’J
à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »Il en est de même lorsqu’on demanda à Jésus-Christ :« Es-tu le roi des Juifs? » Pareille réponse encore àdouble sens, lorsqu’on lui demanda, s’il était fils de Dieu.Mahomet est bien autrement franc et précis. Lorsqu’onlui adressa la même question, il répondit : « Dieu n’a pasd’enfants. »
Quel grand drame que la passion ! Et comme elle estprofondément motivée par toutes les prophéties de l’An-cien Testament ! Elle était inévitable. C’est le sceau san-glant du témoignage, testamentum. Comme les miracles,la passion a aussi servi d’annonce... Maintenant unsauveur arrive-t-il, il n’a pas besoin de se faire crucifierpour répandre sa doctrine, il se fait tranquillementimprimer, et son petit livre est annoncé dans les jour-naux, à raison de dix sous la ligne.
Quelle douce figure que cet Homme-Dieu! Commeauprès de lui le héros de l’Ancien Testament perd de sagrandeur ! Moïse entoure sa race d’une affection tou-chante : il a les soins d’une mère pour l’avenir de sonpeuple. Le Christ aime l’humanité tout entière, etcomme le soleil il réchauffe toute la terre des rayonsde son amour. Quel baume bienfaisant pour toutes lesblessures du monde ne sont pas ses paroles, et quellesource de consolation pour tous les cœurs souffrants nefut pas le sang versé sur le sommet du Calvaire!... Cesang jaillit sur les dieux grecs qui s’ébranlèrent surleur socle de marbre blanc, comme frappés d’une ter-