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Sismondi
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135
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LES REMEDES 135

Si eile est une fois reconnue, si le fermier sait qu'il seraappele seul ä fournir ä leur entretien dans leurs maladies,leur vieillesse ou leur misere, il cherchera quelle est lamaniere de les entretenir qui sera le moins ä Charge ä lui-m£me ou ä la societe ; et il trouvera bientöt que c'est cellequi leur donnera l'interfit le plus permanent dans la vie,qui les associera le mieux ä leur propre economie, qui leurconservera le plus de gaite, le plus de sante\ le plus de forcescorporelles, qui par consequent se rapprochera le plus dela propriete\

Aujourd'hui il cherche ä reduire leur salaire au tauxle plus bas possible, ä obtenir pour ce salaire le plus detravail possible. Si ce travail les epuise et qu'üs tombentmalades, la paroisse y pourvoira ; si, dans l'intervalle destravaux, il y a des saisons mortes, la paroisse y pourvoira ;si les champs ne pr6sentent point de travaux propres auxfemmes, aux enfants, aux vieillards, la paroisse y pour-voira. Au moyen de la concurrence, le gros fermier obtientle plus fort travail possible des hommes les plus robustes,dans la meilleure saison, et pour le moindre prix; tandis qu'ilpartage avec les petits fermiers et les petits proprietairesle soin de fournir la compensation aux families des jour-naliers, pour tout le travail qu'il ne met pas en ceuvre.II est impossible, dans cette condition, que le petit fermiersupporte la concurrence des gros ; et le Systeme des grandesfermes doit s'£tendre.

Mais si le gros fermier ou le gros proprietaire sait qu'ildemeurera seul charge, pendant toute l'ann£e, de la familledu journalier dont il a besoin, il n'a plus d'interSt ä reduireson salaire au plus bas terme, ou ä tirer de lui plus de travailque ses forces n'en comportent; il ne lui convient plus de