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Sismondi
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28 SISMONDI

due de lui, de l'honneur qu'il ne doit jamais compromettre,c'est la participation du citoyen ä la souverainete\ Aussi,dire qu'on ne fera rien par le peuple, c'est dire qu'on veutpriver l'universalitö des hommes de ce puissant stimulantvers la vertu, de cette Instruction vari6e, attachante ettoujours nouvelle, de cette dignite' de caractere, de cetteelevatum d'honneur que le peuple ne peut trouver que dansla participation au pouvoir, dans la libert^ politique.

Mais ä ce cri de guerre, un autre parti, celui de lademocratie, a repondu par un autre cri de guerre. Tout pourle peuple et par le peuple ; et celui-lä aussi a perdu de vueun des buts de la science sociale. Tout par le peuple !Mais comment a-t-on reconnu que le peuple est propre ktout ? La soci£te\ pour arriver ä son but, le plus grandbien du plus grand nombre, a besoin de toutes les lumiereset de toutes les vertus ; comment cependant a-t-on d£mon-tr£ que le savoir des plus 6claires sera adopt6 par la foule ?que la constance des plus courageux soutiendra son audace,que la prudence des plus habiles reglera son impötuosite' ?qu'on pourra trouver en eile l'unite' des desseins, la prd-voyance, la persistance, la liberalite' pour les grandeschoses, l'6conomie pour l'ensemble de la fortune publique,sans lesquelles elle-meme sera en souffrance ? Certes cen'est pas par la th£orie, qui nous apprend proverbialementque l'affaire de tout le monde n'est l'affaire de personne ;ce n'est pas par l'experience, par l'observation des faits,car l'histoire des peuples libres rend t£moignage ä chaquepage des prejuges, de l'inconstance, des terreurs paniques,de la temerite\ de la versatilite\ de l'imprudence, de laprodigalit£ et de la lesinerie de la multitude.

II suffirait, au reste, qu'un axiome politique put s'expri-