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Sismondi
Entstehung
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18
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l8 SISMONDI

contente d'une inegalit6 moderne des conditions, pareilleä celle qu'il observe dans certaines regions que l'indus-trialisme n'a pas encore envahies. Est-ce donc d'un retouren arriere, de ce qu'il faut appeler au sens philosophiquede ce mot une « reaction », qu'il reve ? On le croirait parfois.C'est ainsi que discutant la possibilite d'interventions gou-vernementales pour remedier aux maux dont souffre lasoci6t^ moderne, il se heurte ä l'objection courante desdconomistes orthodoxes : toute Intervention de la loi dansle monde de la production est mauvaise, parce qu'elle tendä ralentir la production. Mais il r£pond : qu'importe, sile mal dont souffre la societe' moderne, c'est un excesde productivit6 ? Sa pensee se laisse cependant Interpreteren un sens moins radicalement reactionnaire. II declareexpressement n'&tre pas hostile au progres du machinisme,ä condition seulement qu'il aboutisse ä la diminution de lapeine des hommes, de tous les hommes, et non pas ä l'opu-lence de quelques-uns, pendant que la foule peine et souffre.II veut que les riches n'abusent pas de la force accrue queleur donne la possession des machines pour accroitre leurprofit en faisant pires les conditions d'existence des ouvriersqu'ils emploient. II veut que, ce faisant, on protege lesriches eux-memes contre l'Stourderie de leur rapacite': car desouvriers moins pauvres auront un pouvoir d'achat plusgrand, et la soci6te sera moins exposee ä ces engorgementsperiodiques du marche qui sont pour tous, riches aussi bienque pauvres, une cause permanente d'insecurite. II veut quel'accroissement, non point paralyse\ mais regle' par la loi, dela production, suive le progres de la consommation au lieu dela pröceder ä pas de g£ant, commeil arrive, pour le malheurg6neral, dans l'Stat de societö monstrueux qui est le nötre.