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Sismondi
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SISMONDI

Sismondi se sent francais. « II y a un homme pour lequelj'ai une forte aversion qui n'a point chang6 ; mais il n'y apas un de ses adversaires pour lequel j'aie de l'affection etde l'estime » ... « Je comprends la haine contre un monar-que d'une ambition forcenee, mais eile n'egale pas lem£pris pour des souverains imbeciles ; et je ne sais si l'indi-gnation ou le chagrin l'emporte lorsque je vois tant de rois,tant de gouvernements se retablir par le seul merite deleur b£tise et de leur profonde incapacite. » Malgre toutsa Sympathie pour l'Angleterre persiste. Voulant rendrel'opinion britannique favorable aux libertes de son paysnatal, il präsente Geneve au public anglais comme <:< uneville anglaise sur le continent..., le champion de la doubleliberte' civile et religieuse, de la liberte' anglaise, sage etforte, progressive et cependant cönservatrice ». II d6clareailleurs « n'estimer hautement » parmi les nations « quel'anglaise ». Elle lui semble « hors pair ». La France nevient qu'apres. Mais quand viennent les Cent-Jours, quandSismondi se rallie, comme Benjamin Constant et presqueavec le mßme £clat, ä l'Empire napolebnien du Champ deMai, comment pourrait-il ne pas fitre 6branle dans sonculte pour la civilisation britannique ? On peut se rendrecompte de la profonde revolution qui s'opere ä cettedate dans bien des esprits liberaux quand on voit Jean-Baptiste Say, l'adepte des id£es d'Adam Smith — leplus obstind antinapolebnien des id£ologues francais —consacrer tout un petit livre ä la dönonciation des vicesde la soci6t6 britannique : contraste entre une extrßmerichesse et une extreme pauvret£, declin de l'instructiondans les classes populaires, de la culture chez les classesmoyennes. Seulement Jean-Baptiste Say reste fidele, mal-