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et l'autre gent a pié. Et Io bénigne duc avoit en sa mé-moire Io bénéfice qu'il entendoit a faire a saint Benedit,il salli a lo monastier de Mont de Cassyn, et dota l'eglizeet li frères de, pailles et d'autres domps. Et puiz s'en
les Calabres, le mit à la tête de l'abbaye et lui donna encore le mo-nastère de la Sainte-Trinité à Venosa, et de Saint-Michel à'Melito;en outre, sa sœur Judith épousa Roger, le grand comte de Sicile etfrère de Robert Guiscard (O. Vital, t. II, p. 91, G. Malaterra, II,19; voyez O. Delarc : Les Normands en Italie, p. 378, note 1).Il semble que, malgré ces avantages, Robert de Grantmesnil ait eule mal du pays; O. Vital rapporte (t. II, p. 431) qu'en 1077 ilrevint en France, où il se réconcilia avec Guillaume-le-Conquérantet Philippe 1er, roi de France, s'employa à le faire nommer évêquede Chartres. Nous avons en effet une lettre de Grégoire VII au sujetde cette nomination; en 1077, le pape écrit à Hugo^ évêque 3e Die,son légat en France, et lui dit que Philippe, roi de France, lui a,à plusieurs reprises, fait demander d'approuver la nomination deRobert, abbé de Sainte-Eufémie dans la Calabre, à l'évêché deChartres ; il ajoute que cet abbé est venu le trouver en se rendanten France et lorsque lui-même était en Lombardie (janvier-août 1077),et qu'il â renouvelé sa visite à son retour en Italie pour déclarer aupape que, malgré les sollicitations du roi de France, il n'accepteraitl'évêché de Chartres qu'avec l'assentiment du Saint-Siège. Aussi lepape prescrit à son légat d'examiner si Robert a été élu à l'évêché deChartres suivant les règles canoniques, et de lui faire connaître lerésultat de son enquête (Gregorii Regist., V, 11, dans Jaffe,Mon. Gregor., p. 3oi sq.). Nous, savons qu'en dernier lieu, Robertne fut pas promu à cet évêché, et qu'on lui préféra Godefroy, oncled'Eustache, comte de Boulogne.
C'est évidemment à ce voyage en France de Robert de Grantmes-nil qu'Aimé fait allusion, et son blâme vient sans doute de ce que,pour subvenir aux dépenses de ce long voyage, l'abbé Robert dutmettre à contribution les revenus de l'abbaye de Sainte-Eufémie.Quant au pape, on voit par sa lettre qu'il se tient sur la réserve etque sans « desprizier » Robert, comme le dit Aimé, il demanda àêtre renseigné; l'échec définitif de Robert au sujet de l'évêché deChartres montre, du reste, que les reproches d'Aimé sont ,en partiefondés.