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Cap. 22. Et un abbé qui se clamoit Robert molt pécha,quar lo duc avoit fondé denovel un monastier et l'avoitmolt enrichi de terre et de moble molt habundantement.Etcestui abbé Robert en leva le meillor qui la i ensfust,et enleva deniers qui la estoient recommandez de li Nor-mant, et s'en ala a lo pape, et se feinst de dire qu'il voloitaller a lo duc Robert. Et que non aloit droitement fudesprizié de lo pape. Et s'en alla a lo roy de France et alo roy d'Engleterre, et s'esforzoit de habiter avec eaux ;et finelment lui failli la monoie, et retorna a lo duc deloquel misericordiosement fu rechut et fu restitué en sonhonor (i). Et en l'autre semaine, tant fain oppresse cestseignor, qu'il furent constrainst, et pour la troppe ma-creze tant aloient et curroient li chaval, quant li seignor
aurait-il pu marcher avec des troupes contre le duc normand ? Demême le siège de Bénévent n'a pas eu lieu aussitôt après celui deSalerne, ainsi que le prétend Pierre Diacre.
(i) On est tout surpris de voir qu'Aimé interrompt brusquementle récit de l'expédition de Robert Guiscard et du prince Richarddans la Campanie pour parler de cet abbé Robert, et on peut sedemander s'il n'y a pas là une interversion du copiste, et si, dans letexte original, ce morceau ne se trouvait pas ailleurs. Quoi qu'il ensoit, nous sommes en mesure de contrôler le jugement assez sévèrequ'Aimé porte contre cet abbé, Robert de Grantmesnil, sur lequelOrderic Vital et une lettre de Grégoire VII fournissent de précieuxrenseignements. Issu d'une grande famille de Normandie, et parentdes Tancrède ainsi que des principaux Normands émigrés en Italie,Robert fut d'abord moine et ensuite abbé de Saint-Evrould-sur-Ouche, en Normandie. A la suite de graves difficultés avec Guil-laume-le-Conquérant, duc de Normandie, Robert passa en Italie(Orderic Vital, t. II, p. 83 sq. et p. 87 sqq.) où, grâce à son cou-sin Guillaume de Montreuil, et grâce à Robert Guiscard, il eut uneassez grande situation; Guillaume de Montreuil lui donna unepartie de la ville d'Aquino (O. Vital, t. II, p. 87) et Robert Guis-card, ayant restauré et doté le monastère de Sainte-Eufémie dans