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sage a Beatrix et sa fille Mathilde (i), et li fait assavoirl'occasion pour quoi voloit lo pape qu'elle venist parler alui (2). Et ceste, pour la foi parfaite de saint Pierre, etpour l'amour de carité qu'elle avoit en lo vicaire de Dieu,puiz qu'il orent oï cest mandement de lo pape, non tar-gerent de venir a lui, et s'appareillèrent de faire la volentéde lo pape. Et promistrent lo don de amener .xxx. millechevaliers. Et pour faire lo plus ferme de la victoire luien prametoit entre li .xxx. mille .v.c. Todeschi. Et lopape respondi : « Li petit villissime Normant o .xx. millehomes les poons assaillier et vaincre se Dieu plaist, quaraurons aide de lo prince Richart et de ceus qui habi-tent en celle part, et si serons deffendu de l'ajutoire deDieu et de li apostole (3). » Et li noble famés respon-dirent : « Et se nostre gent que nouz vouz avons promisfoyent devant li anemis, non seroit sans grant vergoingne,quar diraient la gent : Li famé cerchent les cosez qui nonapartienent a elles, digne choze est qu'il aient vitupère,quar vouloient faire cornent li principe faisoient pardiverses pars de lo monde ; adont a ce que aions victoirecorne home a confondre li Normant, la vostre santité lais-
(1) Béatrix, veuve de Boniface, margrave de Toscane et plus tardveuve de Gottfried, duc de Lorraine ; elle avait dans l'Italie du nordune situation et une puissance hors de pair. Mathilde, fille de Bea-trix et du margrave Boniface, devait hériter de la puissance de samère ; on sait combien elle est restée célèbre sous le nom de com-tesse Mathilde.
(2) Cette donnée d'Aimé s'harmonise très bien avec les deuxlettres que Grégoire VII écrivit sur ces entrefaites à la comtesse Ma-thilde, cf. Gregorii VII Regist., I, 40, 43 ; Monum. Gregor. deJaffe, p. 58 et p. 61.
(3) Ces chiffres de 3o,ooo, de 20,000 soldats ne doivent pas êtrepris à la lettre; ce sont sans doute des estimations assez fantaisistesd'Aimé.