258 /
Cap. 22. Et pource que se moustre a quant perfectionet a quante hautesce mené Dieu tout-puissant la humilitéde cestui bon duc Robert, dont droitement se puet direde lui corne dit la Sainte Escripture qui dit que Dieudonne grace'a li humile et contreste a li orguellious (i),et pour ce est a veoir et a regarder se la main et la puis-sance de lo impeor se puet apparagier a lui. Il fu un
laisser à son oncle une moitié delà ville de Palerme, se réservantl'autre moitié. Le comte Roger, ajoute Malaterra, mit dès lors untel ordre dans la perception des impôts de Palerme, que son neveu,le duc Roger, eut plus de revenus avec la moitié qui lui restait, quelorsqu'il avait la ville tout entière. « Comiti autem pro recompensa-tione servitii sibi exhibiti, medietatem Pausemitanee (Panormitanœ)urbis assignat. Cornes autem in sua parte castrum firmat, urbemquecum jam communis esset, ita ordinat, ut plus ex medietate postmc-dum duci perveniret, quam primo, cum sine comparticipe totiusurbis redditus possideret. »
En 1122, le duc Guillaume, fils du duc Roger et petit-fils de RobertGuiscard, céda au comte Roger, fils du comte Roger, la moitié dePalerme que son père lui avait laissée : « medietatem suam Palermi-tanœ civitatis et Messana;, et totius Calabria? dux ille eidem comiticoncessit ut ei super his omnibus auxilium largiretur. » FalconisBeneventani Chronica, ad an. 1122. Romuald de Salerne (MG,SS., XIX, 418) écrit également : « Ei quia praedictus dux homo eratliberalis et quascumque habere poterat militibus erogabat, necessitatecoactus primo Calabriam pro sexagenta millibus bisantiorum, pre-phato comiti in pignore posuit, postea mcdiam civitatem Panormi,quce ei jure hereditario pertinebat, illi vendidit. »
Aimé semble mieux informé lorsqu'il écrit que l'armée (c'est-à-direles Normands de l'armée) fut "consultée au sujet du partage de laSicile ; à cette époque en effet les Normands n'avaient pas encoretout à fait perdu l'habitude d'élire leurs chefs. Aimé est aussi seul ,à nous apprendre que Robert se réserva la moitié de Messine, Mala-terra ne parle pas de cette ville et le texte de Falco de Bénévent, citéplus haut, donne sur ce point raison à Aimé.
(1) « Deus superbis resistit humilibusautem dat gratiam». i re épit.de S. Pierre, V, 5.