2l8
de retorner a la cité lor; et que lo entention de lo ducestoit en saint Marc evangeliste en loquel avoit dévotionpour ce que, quant ala en Calabre, hedifica la rocche deSaint-Marc pour laquelle acquesta tote Calabre ( i ) encellui val de Mane, pour deffension de li chrestien, et aacquester toute la Sycille, fist un chastel qui se clamoitSaint-Marc. Et la garde de lo castel commist à Guillermede Maie et a ses chevaliers. Et puiz lo duc chrestiennissime,quant il ot victoire pour la mort de Sarrazin, si se fioi enDieu Crist, torna o li sien chevalier a Messine. Et pormoustrer a la chiere moillier soe la prospérité de la victoireque avoit eue a Messyne, lui manda que venist a lui parlo sage home Goffre Rindielle; et quant il ot appareilliéla cité de chevaliers, torna en Calabre a la moillier (2).
(1) Cf. supra, 1. III, chap. 7 ; comme il a déjà été dit, Aimé ou sontraducteur s'était donc trompé en donnant le nom de Saint-Martinà ce château construit par Robert Guiscard en Calabre, au débutde sa carrière. Quant au château de San-Marco, édifié en Sicile dès1061, il s'agit sans doute de San-Marco d'Alunzio, au sud et à peude distance du cap d'Orlando ; on voit près de S. Marco les ruinesd'une grande construction du moyen âge. Cent ans plus tard, Edrisiparlait de la prospérité de S. Marco; Bibliotheca Arabo-Siculad'AMARi, t. I, p. 66.
(2) Après avoir rapporté la première expédition des Normands enSicile en 1061, Aimé, dans le chapitre suivant, passe brusquementet sans autre transition au récit d'événements survenus en 1068,c'est-à-dire sept ans plus tard, sans qu'il ait parlé ailleurs des évé-nements importants qui ont eu lieu en Sicile et dans l'Italie dusud entre 1061 et 1068. Aussi plusieurs critiques se sont demandés'il n'y avait pas une lacune du manuscrit entre le 2 5e et le 26e cha-pitre du V e livre d'Aimé. Pour les motifs suivants, il me sembleque cette lacune du manuscrit n'existe pas : i° Le sommaire deschapitres placé en tête du livre V est, sur ce point, tout à fait enharmonie avec le texte ; aussitôt après le retour de Robert Guiscardsur le continent, à la suite de la première expédition des Normands