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ment li Sarrazin. Et lui comanda qu'il non parlast a lamanière de li Sarrazin, mes escoutast et entendist si queil lui seust dire Pestât de li Sarrazin et de la cité. Et liamiral fu molt liez de ce que li duc lui avoit mandé mes-sage, et se creoit avoir son amistié. Et dont cellui Pierre,loquel avoit lo duc mandé en message, fu bien receu ethonorablement; et lui donna li amiral molt domps. EtPierre fait assavoir a lo duc cornent la cité est asoutillié,et ceuz de la cité sont comme lo cors sans l'arme (i).
Cap. 2 5. Et puiz que la multitude li chrestien, liquelhabitoient en un lieu qui se clamoit lo val de Manne (2),vindrent por estre aidié de lo duc, et que desirroient denon estre subjette a li païen, lui firent tribut de or ethabondance de cose de vivre, et ordena foire et marchiédont fussent toutes chozes de vendre ; et pour ceste ordi-nation li chevalier prennent cuer et non se curèrent molt
(1) Il n'est pas facile de dire quel est le personnage désigné parAimé sous le nom d' « Amirail de Palerme ; » au chap. 8 du livre V,il donne à l'amiral de Palerme le nom de Belcho et, comme nousl'avons vu, ce nom désigne Ibn-al-Hawwas ; mais au chap. 13 de cemême livre, il l'appelle Sausane, probablement une confusion avecAs-Simsan; peut-être Aimé a-t-il ici de nouveau en vue Belcho,c'est-à-dire Ibn-al-Hawwas. Voyez Amari, t. III, p. 76, note 2. —Amari, l. c, croit qu'il s'agit du tarin d'or et non du dirhem arabe,aussi évalue-t-il à 3oo,ooo livres d'Italie le cadeau fait à RobertGuiscard par l'amiral de Palerme. — Le Pierre Diacre dont parleAimé n'a évidemment rien de commuji avec Pierre Diacre, rédacteurd'une partie de la chronique du Mont-Cassin, car alors ce derniern'était pas encore né.
(2) Le texte de Champollion porte à tort « Loyal de Manne » tandisqu'on lit dans le manuscrit « lo val de Manne; » il s'agit donc duVal-Demone, sur le versant nord de la Sicile; la ville actuelle deGangi est au centre de la partie la plus fertile de l'ancien Val-Demone.