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disoient qu'il avoient falsé la monoie de lo prince, et lestenoient en prison. Et puiz estoient constraint a paiermolt grant pêne ; et pour ceste grant prodicion et mal-vaistié, alcun en vendoient lor maison et alcun lor terrepour paier la pêne, et sont constraint a aler querant lorpain. Or avez la covoitise (i).
(i) II n'est pas facile de déterminer à quelle date Gisulfe de Sa-lerne a fait ce voyage à Constantinople dont Aimé est seul à parler;au chapitre 3° du Ville livre, Aimé parle de nouveau de ce voyageet ajoute, comme nous le verrons, quelques particularités, mais sansdonner davantage d'indication chronologique. Ces différents textesd'Aimé autorisent cependant les observations suivantes : lorsque leprince de Salerne est allé à Constantinople, il était en paix avecAmalfi et notamment avec une illustre famille d'Amalfi, la famillede Maur, lequel avait six fils dont l'aîné avait nom Pantaleo; àConstantinople, Gisulfe descendit dans le palais même que Pantaleoavait dans cette ville et il y reçut une magnifique hospitalité. Ce futalors, quand il eut vu par lui-même combien était riche cette famillede Maur, qu'il commença à réfléchir aux moyens de la dépouiller etde s'approprier ses richesses. Or, lorsque eut lieu, le iv octobre1071, la consécration, par le pape Alexandre II, de la nouvelle basi-lique du Mont-Cassin, la guerre était déclarée entre Gisulfe etAmalfi, et la famille de Maur luttait avec les Amalfitains contre leprince de Salerne, puisque Gisulfe et Maur étant venus l'un et l'autreau Mont-Cassin pour la cérémonie, le pape fit promettre à Gisulfeque si, dans la guerre, il faisait prisonnier quelque fils de Maur, il lelaisserait aller sain et sauf et sans exiger de rançon. Cette promessen'empêcha pas Gisulfe de faire, quelque temps après, mourir un filsde Maur dans d'affreux tourments. Il faut donc placer avant le 1er oc-tobre 1071 le voyage de Gisulfe à Constantinople. Cette conclusionn'est pas celle que j'avais cru pouvoir adopter, dans une étude surS. Grégoire VII (S. Grégoire VII et la réforme de l'église auXI» siècle, 3 vol. in-80, Rétaux-Bray, Paris, 188g, t. III, p. 32), jeplaçais alors durant l'automne ou l'hiver de 1073 ce voyage de Gi-sulfe à Constantinople ; l'histoire de la famille de Maur prouve qu'ila eu lieu en réalité quelques années auparavant. C'est donc à l'em-pereur d'Orient, Constantin Ducas (1059-1067) ou à son successeur,