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Cap. 40. Non se pot dire quant viande est neccessairepour emplir lo insaciable ventre de cestui, et s'il l'en re-maint poi en laissera, commande que li soit garde. Et sealcune cose en fust manco, batoit o lo bâton et lo poing
Romain Diogène (1068-1071), que Gisulfe est allé demander dessubsides pour faire la guerre à son beau-frère Robert Guiscard, et sesouvertures durent être d'autant plus agréables à la Cour de Constan-tinople, que, pendant cette période, le duc normand, poursuivantses conquêtes dans l'Italie méridionale, y faisait disparaître les der-niers vestiges de la domination grecque. Le 16 avril 1071, veille dudimanche des Rameaux, Robert Guiscard couronnait son œuvre enentrant en vainqueur à Bari, après un siège de deux ans et huit mois.Nous voyons par Aimé que Gisulfe, infidèle aux belles promessesqu'il avait faites à Constantinople, n'employa en aucune façon contreles Normands l'argent que le trop crédule empereur d'Orient luiavait donné ; il s'en servit pour tromper ses sujets en faisant frapperune monnaie qui n'avait pas le poids réglementaire. Comme compa-gnons de route dans son voyage en Orient, Gisulfe eut deux évêques,Alfane, archevêque de Salerne (io58-io85) et un autre évêque dunom de Bernard, dont Aimé n'indique pas le siège épiscopal. ChezAlfane, ce désir d'aller en pèlerinage à Jérusalem était ancien; noussavons par Léo de' Marsi, III, 7, qu'avant d'être moine et ensuitearchevêque de ( Salerne, Alfane cherchait une occasion et sollicitaitla permission de visiter les lieux saints ; il ne put que plusieurs an-nées après réaliser ce projet. Dans les œuvres qui nous restentd'Alfane, poésies, opuscules, etc., on ne trouve aucun souvenir dece voyage à Jérusalem et à Constantinople, encore moins une indi-cation permettant d'en fixer la date. Cf. Migne : Patrol, lat.t. 147, col. 1213-1282. Aimé est tout à fait da^s le vrai lorsqu'ilparle de la secrète inimitié de Gisulfe contre Alfane et des persécu-tions que les parents de ce dernier avaient à endurer de la part duprince de Salerne; un passage de Léo de' Marsi, III, 7, montre eneffet que les parents d'Alfane furent soupçonnés d'avoir pris part àl'assassinat de Guaymar, père du prince Gisulfe. Comme il a déjàété dit, nous ne savons pas d'où était évêque ce Bernard, qui mourutà Constantinople et qui y fut enterré dans le monastère des Amal-fi tains.