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Ystoire de li Normant
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Cap. 21. Et Gisolfe pria lo duc Robert que ceste nocezse prolongasse, quar non avoit encoire apresté ce qui estoitnécessaires. Et lo duc fist ce que li prince lui prioit, et vas'en gloriouz, et li prince remeist confus.

Cap. 22. Et pour ce que Gisolfe avoit faite cest mariagesanz lo conseil de Guide son oncle, pensa Guide de rendrel'enchange. Et donna Guide sa fille a Guillerme frère duduc Robert, liquel estoit contraire de Gisolfe prince deSalerne. Et fist liga et amistie avec lui ; et ensi la exaltationde Gisolfe manca et lo duc Robert noient manque rechutla soc rayson secont la jurement qu'il avoit fait ( i).

Cap. 23. Et fu clamé lo duc qu'il venist o petite degent, quar dient qu'il vouloit faire paiz avec Guillerme.Et il vint corne lui fu dit, mes non trova ce pourquoi ilvenoit, dont li duc Robert s'en parti corrocié, et menaavec soi en Calabre sa moillier, laquelle dota grandementde chastelz et de molt de terres, si que peust richementvivre avec li filz. Li filz qu'il en ot ama et enrichi, comeest costumance de père amer et enrichir lo fill (2).

Cap. 24. Quar estoit longue cose de aler querre lo duc

(1) Nous ne connaissons que par Aimé le mariage delà fille deGui avec Guillaume de Hauteville.

(î) Léo de' Marsi, III, i5, d'après Aimé : « Alveradse quidem donaconferens plurima (Robertus Guiscardus) Calabriam cum Sikelgaitaperrexit. » Le traducteur d'Aimé désigne la seconde femme deR. Guiscard lorsqu'il écrit : « laquelle dota grandement de chas-telz » etc., la phrase de Léo de Marsi permet de conjecturer que letraducteur a mal compris son texte et qu'il s'agissait d'Alverada, lapremière femme de Robert Guiscard ; alors s'explique cette conclu-sion : « Si que peut richement vivre avec li filz, » c'est-à-dire Alve-rada avec Bohémond ; s'il s'agissait de Sikelgaita, cela n'aurait plusde sens, puisque Aimé écrivait du vivant de Robert Guiscard.