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Cap. 12. Ore nous dit et raconte ceste ystoire que entreDrogo et Ricchart naschi une brigue, et en celle brigueDrogo prist Ricchart et lo mist en prison. Et au rems que
était ce Girard di Buonalbergo ? Ce dernier nom est celui du châteauau nord et près de Bénévent, non loin d'Ariano ; est-ce à cause dece voisinage que, sans donner des preuves de son assertion, M. deBlasiis (pp. cit., t. II, p. 14) en fait un comte d'Ariano? Ce qui estplus certain, c'est que Girard di Buonalbergo et sa tante Adverardeou Albérada, d'après l'orthographe de Malaterra, étaient Normandset parents de R. Guiscard ; celui-ci fit valoir plus tard ces liens deparenté pour rompre ce mariage, lorsqu'il voulut épouser Sikelgaîta,cf. Aimé, IV, 18, Malaterra, I, 3o. Nous ne connaissons pas la datedu mariage de Robert Guiscard, mais Aimé disant que ce mariage« fu lo comencement de accrestre de tout bien à Robert Viscart »,il a du avoir lieu lorsque Robert n'était pas encore un personnage,vers io5o, et avant les luttes entre Léon IX et les Normands, carces luttes le mirent très vite en évidence. En acceptant cette dateapproximative de io5o, comme celle du mariage de R. Guiscardavec Albérada, on est tout surpris de voir, soixante-douze ans plustard, en 1122, cette même Albérada faire une donation à l'abbayede la Cava, près de Salerne. La charte de cette donation se trouveencore dans les archives du couvent de la Cava, et son contenuprouve bien qu'il s'agit de la première femme de R. Guiscard. Envoici le début : « Anno incarnationis dominicae n 22, mense Julio :ego Albereda Colubrarii Pollicorii que domina, pro meorum defunc-torum parentum animarum remedio, Roberti Guiscardi ducis invic-tissimi bonce memoriœ viri, domini que Boamundi, nec non Rogeriide Pomareda charissimi mei quondam viri, domini que Ugonis Cla-rimontis, pro meorum quoque delictorum, dominique AlexandriClarimontis suique fratris domini Riccardi meorum videlicet nepotumpraesentia subscriptorum bonorum hominum testium, dono, etc. » —Il résulte donc que vers io5o, Albérada était la tante d'un seigneurimportant du pays de Bénévent, de Girard di Buonalbergo, et que,soixante-douze ans plus tard, en 1122, cette même tante était en-core de ce monde et faisait une donation à la Cava. N'est-ce pas lecas de dire que le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable ?Anne Comnène (Alexiades, I, 11) a aussi parlé du mariage de Ro-bert Guiscard, mais elle confond Girard de Buonalbergo avec Pierre