94
heretice non lui issoit de sa pensée. Un jor clost la porteet estoit sol en l'eclize; et se sentoit offendu en sa cons-cience, et non se approchoitains se tenoitloing de l'autel.Et o ceste parole demandoit l'aide de Dieu. Et a lui fudit : « O tu que demandez tu et voy lo cuer, a loquelnulle cose se puet abscondre ! Tu sezlo intention mie, etnon ne la te puiz celer; je voudroie croire en toi cnsi co-rnent la sainte Eglize l'ensaingne, et voudroie aemplir ceque appromisseen lo saint baptisme; la error antique m'aassalli, et la ferute de li Judée m'a navrée la moie pensée,et estoie purgié de la purité de la foi christiane. Mes lavenimoze dolceze de la parole de lo Judée m'a tout faitorde et brut. O pitouz Jeshu-Christ, aiude a ma maladieo medicine de salut, a ce que non perise je qui sui rachatéde ton precious sang, aide-moi o la main droite toe ». Etpuiz quant il ot ditte choze, la semblance de l'ymage deJeshu-Crist descendi de la ou estoit, et vint ,1a ou cestuiestoit jovene, et lo conforta par ceste parole : <i Sacez queje suis parfait Dieu et parfait home. » Et lo retorna a sadroite foi et créance christiane, et ensi lo jovene fu fors detoute error et de toute hérésie (i). Mes or laisserons aparler de ceste matière et retornerons a l'ystoire que nouzavons devant lessié.
Cap. 38. Et cestui Randulfe de qui nous avons devantparlé, a ce qu'il peust avoir la grâce de Guayme, prince
(i) Cet indice de la propagande juive au xie siècle dans l'Italieméridionale est curieux à constater. A propos des Juifs dans ce payset dans ce siècle, voir un passage de la Chronicon Cassin., Il, 43 ; ony lit que l'empereur Henri II, étant venu au Mont-Cassin, rachetaaux Juifs, en 1022, une nappe de l'autel de S. Benoit au Mont-Cassin,donnée autrefois par Charlemagne, et sur laquelle les Juifs avaientprêté aux moines « quingentos aureos » ; le saint empereur rendit lanappe au Mont-Cassin.