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et de Borguegnons et d'autre gent, et fussent en compai-gnie de li fortissime Normant, et ces deussent aler com-batte en Espaingne, a ce que la chevalerie de li Sarrazin,laquelle il avoient assemblée, fust occupée et subjette a lichrétien. Et a ceste choze faire fu eslit un qui se clamoitRobert Crespin. Et quant il fu eslut, il se appareilla d'alera la bataille ou illec estoit comman d'aler ; et clamèrentl'ayde de Dieu, dont Dieu fu présent en l'aidé de ceuzqui l'avoient demandé; dontli fidel de Dieu orentvictoirede la bataille, quar une grant part de li Sarrazin furentmort. Et rendirent grâce a Dieu de la victoire qu'il prestaa son pueple ( i ).
Cap. 6. Et alore fu prese la cité qui se clamoit Barbas-taire, molt grant terre et plene de grant ricchesce, etmolt garnie. Et tout l'ost voust que Robert Crispin lafeist garder, a ce que en lo secont an retornast o tel exercit
de Robert Viscart et de ses frères qu'il a également traduite dulatin en français ; mais, comme il a été dit dans Y Introduction, letraducteur se trompe ; le latin de cette chronique de Robert Viscartet de ses frères n'est pas d'Aimé, mais d'un abbréviateur de G. Mala-terra.
(i) Les renseignements manquent sur la manière dont s'organisaen France cette expédition contre les Sarrasins et surtout sur la partqu'y prirent les Bourguignons. D'Achéry a publié le récit anonymed'un miracle, opéré en faveur de Guillaume Crespin l'ancien ; —Migne, Patr. lat., t. i5o, col. 735 sqq., Appendix aux œuvres deLanfranc — on y voit que le Robert Crespin dont parle Aimé, étaitfils de Gilbert Crespin, seigneur de Normandie ; et l'auteur ajoute :« Robertus Crispinus minor frater, Northmannia egressus, plurimasperagravit regiones, donec Constantinopolim veniret, et ab impera-tore cum honore susceptus, magnique nominis apud omnes effectus,ibi, ut fertur, invidia Graecorum veneno periit. » Ce que Aimé ditplus loin de Robert Crespin et ce que nous savons par les historiensbyzantins, prouve qu'ils ont en vue le même personnage que celuidont parle l'auteur du miracle.