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Normands et les Lombards. Il y a évidemment entre cesdeux relations quelques analogies, des points de ressem-blance, puisque Aimé et Guillaume de Pouille racontentles mêmes scènes ; mais ici encore il y a, dans le détail,dans les menus faits présentés de part et d'autre, assez dediversité pour établir que Guillaume de Pouille n'a pasété, dans sa description, l'écho d'Aimé du Mont-Cassin.D'après Guillaume de Pouille, les habitants d'Amalfiétant persécutés par Gisulfe de Salerne, invoquèrent lesecours de Robert- Guiscard auquel ils payaient tous lesans un tribut (i), de là le siège de Salerne par le ducnormand et finalement la défaite et la ruine complète deGisulfe. Aimé ne parle pas de ce tribut et se contente dedire que, pour éviter les exactions de Gisulfe, les Amalfi-tains se donnèrent à Robert Guiscard et que ce fut làl'origine de la guerre entre Robert Guiscard et Gisulfe (2).D'après Aimé, une famine épouvantable commença sesravages dans Salerne deux mois après l'ouverture dusiège de cette ville par Robert Guiscard ; d'après Guil-laume de Pouille, ce fut après le quatrième mois seule-ment que la famine se fit sentir (3). La curieuse anec-
(1) • Interea ducis egregii populosa fréquenter
Poscit Amalfis opem, cui vectigalia dudumAnnua detulerat, nimis impugnante Gisulfo.
L. III, v. 412 sqq.
(2) « Cil de Amalfe se retornèrent a lo adjutoire de lo vallantissime ducRobert a loquel donnèrent puissance de venir a la cité de faire une roche. »Aimé, VIII, 8.
(3) Quartus erat mensis completus ab obsidione,Tanta famés misera; cives invaserat urbis
Ut canibus vel equis vel muribus aut asinorumTurba cadaveribus vix vivere posset edendo.
III, v. 427 sqq. Cf. Aimé, VIII, 15, 18.