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Mais, comme l'a déjà remarqué Hirsch, Aimé etGuillaume de Pouille ne parlent pas de la même expédi-tion; Aimé a en vue celle que Léon IX essaya d'orga-niser en 1052 et qui ne put entrer en campagne, parceque Guaimar, prince de Salerne, refusa d'en faire partie;Guillaume de Pouille raconte au contraire l'expédition de1053 q 1 ^ se termina par la bataille de Civitate (1).
Dans son récit delà campagne de 1053, Aimé rap-porte que les Normands y souffrirent de la faim, ilécrit : « La nécessité de la famé moleste li Normant, etpar lo exemple de ■ li apostole prenoient li espic de lograin et frotoient o la main et ensi menj oient lograin (2) ». Guillaume de Pouille a recueilli la mêmetradition.
Tempus erat jam triticeis confine metendisFrugibus ; at virides nondum légère maniplosAgricolas quos Francigenœ quia pane carebant,Igni torrebant et vescebanturadustis (3).
Il y a cependant, sur ce point, une différence entre lechroniqueur et le poète; d'après Aimé, les Normandsmangeaient le grain sans le présenter au feu, et c'est aucontraire ce qu'ils faisaient d'après Guillaume de Pouille.
Il est certain qu'avant la bataille de Civitate, des pour-parlers eurent lieu entre les Normands et le papeLéon IX (4) ; Aimé et Guillaume de Pouille ont l'un et
(1) F. Hirsch, l. c. p. 223.
(2) Aimé, III, 40.
(3) Gesta Roberti Viscardi, II, v. 115 sqq.
(4) Sans compter Guillaume de Pouille et Aimé, l'anonyme de Béné-vent (Watterich, Pontif. roman, vitœ, t. I, p. inc) et Hermann de Rei-chenau (çbronicon ad an. 1053) parlent aussi de ces négociations.