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le prendre pour guide dans la narration des mêmes faitsqu'ils exposaient toutefois à leur manière, l'un en proseet l'autre en vers; enfin il ne devait pas leur répugnerde suivre pas à pas Amat, leur prédécesseur, puisqu'ilsécrivaient pour un motif et sur un sujet spécial bien diffé-rents de ceux d'Amat (i). »
Voyons la valeur de cette assertion d'abord pour cequi concerne Geoffroy Malaterra.
Champollion-Figeac était, comme nous l'avons vu,persuadé que YAnonymi historia Sicula, publiée par luisous le titre de Chronique de Robert Viscart et de ses frères,avait Aimé pour auteur (2), et nous savons au contraireque c'est un simple abrégé de YHistoria Sicula du moinebénédictin Geoffroy Malaterra ;- il faut donc faire abstrac-tion de YAnonymi historia Sicula quand on examine lesrapports pouvant exister entre Aimé et Malaterra; cettepremière donnée, tout à fait erronée, a logiquement amenéChampollion-Figeac à soutenir que, dans son HistoriaSicula, G. Malaterra s'était inspiré d'Aimé, et il suffit decomparer ce dernier ouvrage avec l' Ystoire de li Normantpour s'assurer qu'une telle ' affirmation ne peut êtreadmise.
Malaterra n'a pas rédigé son ouvrage d'après d'autresdocuments écrits, il dit lui-même qu'il a simplementrapporté les renseignements qui lui ont été donnés devive voix ; voici une phrase de sa lettre à l'évêque deCatane pour lui dédier son livre : « Sciendum tamenvobis est... si seriatim, minus ordinate, secundum tem-
(1) Prolégomènes, p. i.xvi sq.
(2) Cf. supra : Introduction, p. xxxix.