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Il se pourrait que l'auteur de l' Ysloire de li Normant, quiprobablement était Salernitain, se soit laissé un peu en-traîner par ses ressentiments en parlant de celui qui avaitterrifié Salerne par ses exactions et ses cruautés.
Nous avons dit que le traducteur d'Aimé n'avait pasévité un certain nombre d'erreurs dans les commentairesqu'il a ajoutés à sa traduction. Aimé en a aussi commisplusieurs et il serait bien surprenant qu'il en fut autre-ment. Ecrivant, comme nous le verrons bientôt, d'aprèsdes traditions orales et sans s'inspirer d'aucun autre his-torien des Normands en Italie, il ne lui était guère pos-sible de contrôler toutes ces traditions et de vérifier parlui-même ce qu'elles pouvaient avoir de légendaire oud'exagéré. Les données qu'il nous fournit doivent doncêtre soumises à un examen critique, et la publicationdes chroniqueurs et des documents de l'Italie dusud au XI e siècle, faite par Muratori et depuis lui, rendaujourd'hui ce contrôle moins ardu, nous avonsessayé ce travail dans les notes de la présente édition, etil prouve, si nous ne nous faisons illusion, que générale-ment et sur beaucoup de points, le moine du Mont-Cassin était bien informé.
Depuis la publication de YYstoire de li Normant en1835, diverses opinions ont été émises sur le degré deconfiance qu'il faut accorder aux assertions d'Aimé;Champollion-Figeac lui est entièrement favorable et domTosti, plus tard Giesebrecht ont, à peu près, partagé cesentiment (1). Puis s'est produite une très vive réaction,
(1) Dans ses Prolégomènes, Champollion-Figeac est des plus optimistesau sujet de la valeur historique de YYstoire de li Normant; dom Tosti :