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Ystoire de li Normant
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LIII
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liij

listes du moyen âge. Ainsi le récit des péripéties du siègede Salerne, qui remplit presque tout le VIII e livre et quimontre le prince Gisulfe défendant contre Robert Guis-card les derniers débris de son pouvoir, la dernièreforteresse de sa principauté, forme un épisode des plusintéressants, des plus mouvementés ; le XI e siècle nousa laissé peu de pages d'une telle allure, elles peuvent sou-tenir la comparaison avec les plus beaux passages deLambert de Hersfeld sur la guerre de Saxe ou d'Adam deBrème sur Fépiscopat de l'archevêque Adalbert.

Si, dans son ouvrage, Aimé n'a que des éloges pourRichard de Capoue et pour le duc Robert Guiscard, s'illes déclare les oints du Seigneur, s'il passe sous silenceou s'abstient de blâmer leurs actions les plus condam-nables, en revanche, il poursuit de ses récriminations les.plus ardentes deux princes lombards, Pandulfe IV, princede Capoue et Gisulfe, prince de Salerne. D'autres ren-seignements que ceux qui nous sont fournis par Aimétémoignent qu'ils ont été l'un et l'autre de détestablestyrans, comme hélas ! beaucoup d'autres grands seigneursdu xi e siècle, mais ont-ils vraiment commis toutes lesabominations que leur reproche Aimé ? Cette questionse pose surtout au sujet de Gisulfe qui a été pendant delongues années en bons termes avec Grégoire VII (i).

(i) Voyez par exemple VIII, 2 ; comment croire que pendant le carême,Gisulfe se nourrit des pieds, des mains, etc., qu'il faisait arracher ou couperà ses prisonniers 1 jamais Grégoire VII n'aurait voulu d'un si abominableanthropophage pour être légat du Saint-Siège en France, car il est biencertain que Gisulfe a eu cette dignité après avoir perdu sa principauté deSalerne.