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a fait au contraire œuvre d'historien dans tout le sens dumot ; il a un but, celui de raconter les hauts faits de deuxgrands bienfaiteurs du Mont-Cassin, de Richard, princede Capoue, et de Robert Guiscard, duc de Pouille, deCalabre et de Sicile (i), et ce but, il ne le perd pas devue à travers les huit livres de son travail.
Après avoir, dans une sorte d'introduction, qui n'estpas la partie la moins importante de son récit, racontéquelques-unes des expéditions des Normands de Franceen Angleterre, en Espagne et en Orient, après avoirexposé les humbles commencements de ces mêmes Nor-mands dans l'Italie du sud, Aimé arrive, au secondlivre, à parler de Richard, comte d'Aversa avant dedevenir prince de Capoue, et il annonce l'arrivée dans lapéninsule de Robert, fils d'un seigneur de basse Nor-mandie.
Déjà, au troisième livre, Richard et Robert brillent aupremier rang dans la lutte contre les troupes du papeLéon IX et, au quatrième, ils sont investis l'un et l'autredu pouvoir suprême, Richard comme prince de Capoueet maître de la Campanie, Robert comme duc de Pouilleet de Calabre. Les quatre derniers livres racontent lesexploits des deux héros, surtout ceux de Robert Guiscard,les batailles de Sicile contre les Sarrasins, les fameuxsièges de Palerme, de Bari, de Salerne, etc., et la narra-tion s'arrête à la mort du prince de Capoue, survenue le5 avril 1078. Est-ce la maladie, est-ce la mort qui aempêché Aimé de comprendre, dans son récit, les septannées suivantes, puisque Robert Guiscard n'est passé de
(1) Voyez la dédicace d'Aimé à l'abbé Didier pour lui offrir son livre.