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Comme l'a écrit Champollion-Figeac, l'examen dutexte du traducteur d'Aimé montre qu'il abonde enitalicismes; presque à chaque page on peut signaler nonpas seulement des mots exclusivement italiens d'origineet de forme,, étrangers à la langue française de toutes lesépoques, mais encore des formes grammaticales qui n'ontjamais été en usage dans notre langue (i).
Les mots suivants, par exemple, sont purement ita-liens, leurs désinences même n'ont pas été modifiéespour leur donner une physionomie française : Accolta,écoutez; ape, abeille; bestiame, bestiaux'; canicie, blan-cheur des cheveux; caslrimargie, gourmandise; deffette(lo), négligence ; diacono, diacre ; force, peut-être, onécrit aujourd'hui forse; férue, blessure ; flacolle, flam :beau; grate, claie en osier; Judée, un juif; manco, moins;mège, moitié ; mercière, instrument de suplice ; noce, noixet noyer; pet, poitrine ; pignoite (pignatta), pot de terre ;pollistre, poulains et pouliches ; sallute, forêt ; salines,salaisons; sollie, tabouret; tidue, tous les jours; trébuc,machine de guerre. Un proverbe italien, tiré des mœurssupposées de l'aspic, est employé, I, 29, et ce proverbeexiste encore, résumé en ces mots : far corne l'aspido,faire comme l'aspic, c'est-à-dire fermer les oreilles depeur d'oûir.
Quant aux formes grammaticales, les suivantes sontitaliennes et non françaises : tant.... quant, pour tant....que; de, pour par, de Eutrope composte, par Eutrope com-
(1) Prolégomènes de Champollion-Figeac, p. xci; les détails qui suiventsont, à quelques modifications près, empruntés à cette partie des Prolégo-mènes.
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