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que le traducteur d'Aimé appelle cette ville Mélit soitdans l' Ystoire de li Normant, soit dans la traduction del' Anonymi historia Sicula (i). Comment admettre alorsqu'il l'eût dans le prohème désigné sous le nom si diffé-rent de Militrée ? Si ce nom désigne un seigneur et nonune ville ou une terre, on ne sait pas davantage à quellefamille rattacher ce seigneur. Champollion-Figeac supposequ'il s'agit d'un fils de Charles II, roi de Naples, mort en1309 en laissant dix enfants mâles (2), mais c'est là unepure hypothèse qui n'a pour elle aucun texte, aucundocument. Il vaut bien mieux déclarer que sur ce pointles renseignements nous font défaut.
Les textes latins d'Isidore de Séville, d'Eutrope et dePaul Diacre, mis en regard des traductions du manus-crit 688, montrent que le traducteur ne visait pas à unetraduction littérale et qu'il ne serrait pas toujours le textede près; parfois il l'abrège, parfois il ajoute des remarquespour rendre le passage plus intelligible, et ces remarques,comme il a déjà été dit, ne sont pas toujours inutiles.Les mêmes procédés de traduction ont été employéspour YHistoria Normannorum; après la découverte de latraduction d'Aimé, il a été facile de constater que Léo de'Marsi avait inséré plusieurs passages de YHistoria Nor-mannorum dans sa Chronicon Casinense (3) et ces passages,comparés aux passages correspondants de la traduction,permettent d'affirmer que le traducteur a agi à l'égard du
(1) Prolégomènes, ibid.
(2) Prolégomènes, p. c.
(3) Voyez plus loin, p. liij sqq. de l'Introduction.