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langue bien spéciale puisque c'est un français mélangéd'italien. En plusieurs endroits, le traducteur, citant uneautre traduction du manuscrit, déclare explicitementqu'elle est aussi son œuvre; ainsi, dans l'Ystoire de liNormant, II, 32, parlant des prisonniers de Guaimar,prince de Salerne, qui s'étaient échappés du château dela Major-Torre, et avaient gagné le château de Matelone,il écrit : « Je croi que veut dire Madalone quar jaestoit faite Caserte et Magdalone cornent ai-ge dit enl'ystoire de li Longobart, liquel vindrent en Ytalie avantque li Normant. » Le traducteur de l'histoire des Nor-mands est donc le même que le traducteur de l'histoiredes Lombards; inutile de pousser plus loin cette démon-stration, évidente pour quiconque a étudié le manus-crit 688.
Divers passages du manuscrit indiquent à quelleépoque, à peu près, le traducteur a fait son travail;l'Ystoire de li Normant, II, 28, contient cette phrase :« La cité de Syponte qui maintenant est clamée Manfre-done, » or, Manfredonia fut fondée sur les ruines deSiponto en 1261 par Mainfroi, fils naturel de Frédéric II;la traduction est donc postérieure à cette date.
De même, on lit dans la traduction de l'Histoire desLombards de Paul Diacre, II, 23 : « Et en celui tempsfut faite Caserte en Terre de Labor, laquelle estoit pre-mèrement clamée Casa erecta. Et autresi en cellui tempsfu faite Mathelone, laquelle premèrement Metadelioneensi come Azo, évesque de Caserte, lo déclare en sa chro-nica, laquelle il fist de evesque de Caserte et de Cala-tine. » Cette chronique des évêques de Caserte et de