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nullement à l'évêque dont ils avaient reçu l'ordination.
Aujourd'hui encore, l'abbé du Mont-Cassin agit à cetégard comme ses prédécesseurs du xi e siècle ; si la grandeabbaye a perdu ses possessions temporelles, son chef estdu moins resté le pasteur d'un des plus vastes diocèses del'Italie, il administre ce diocèse, en dirige le clergé et lesfidèles, mais n'ayant pas le caractère épiscopal, il recourtà l'archevêque de Capouc, ou à tel autre évêque pourl'ordination de ses prêtres et pour les autres cérémoniesréservées aux évêques.
Presque toujours les évêques ont rendu avec empres-sement aux abbés bénédictins ces services de bon voisi-nage; mais parfois aussi les mésintelligences assez fré-quentes entre le clergé séculier et le clergé régulier ontdû causer aux abbés bénédictins de graves embarras lors-qu'ils avaient à faire appel à l'obligeance d'un évêque.
Dès le vm e siècle, lorsque l'ordre de S. Benoît, devenuune puissance, avait dans toute la chrétienté de profondesracines, plusieurs grandes abbayes, notamment celles deS. Martin de Tours et de S. Denis, au diocèse de Paris,-voulurent obtenir du Saint-Siège que, dans leurs grandesagglomérations monastiques, l'un des moines, tout enrestant sous l'obéissance de l'abbé, fut revêtu du caractèreépiscopal ; ils avaient compris qu'il n'y aurait plus dèslors de démarches quelquefois pénibles à faire et quel'abbaye se suffirait complètement à elle-même. Ce moine,évêque sans diocèse et dépendant d'un abbé qui n'avaitpas le caractère épiscopal, était, il faut bien le dire, unenouveauté dans l'église; aussi, ce ne fut pas sans diffi-culté que les bénédictins obtinrent ce qu'ils désiraient ;