XXI]
rien de surprenant cependant si, à certaines époques del'histoire de l'église, par exemple dans la seconde moitiédu XI e siècle, le Saint-Siège a parfois accédé à leursvœux; alors en effet l'ordre de S. Benoît gouvernait enquelque sorte l'église, Grégoire VII et Victor Et étaientdes bénédictins et c'est surtout par les religieux deS. Benoît que s'opérait le grand oeuvre de la réforme (i).
(i) Deux documents, attribués au pape Adrien I (772-795), montrentcombien les moines désiraient avoir un évêque au milieu d'eux et dansleurs monastères, pour n'avoir aucun service à demander aux évêques desdiocèses ; par le premier de ces documents, le pape confirmant les privilègesdu monastère de S. Martin de Tours, permet qu'un évêque réside dans cemonastère, « ut liceat ibidem habere episcopum » ; par le second, le mêmepape, confirmant un privilège déjà accordé par son prédécesseur Etienne II(752-757), accorde au monastère de S. Denis, au diocèse de Paris, ut « epis-copus sedem ibi habeat, ab abbate monachis que eligendus quem viciniepiscopi aut ipse pontifes Romanus consecret ». On a grandement discutépour savoir si ces deux documents sont authentiques, les adversaires desprivilèges monastiques se prononçant généralement, comme on pouvait s'yattendre, pour la négative ; mais authentiques ou non, donnés par le Saint-Siège, ou fabriqués par les moines, ils n'en établissent pas moins que levœu de l'ordre de S. Benoit était d'avoir des évêques résidant dans le monas-tère et étant à la disposition de l'abbé. Il est vrai que les chroniques desmonastères ne parlent pas de ces moines-évêques n'ayant pas» de diocèse,mais outre qu'ils n'ont pu être que très peu nombreux, on comprend queles abbés les aient tenus dans l'ombre, de peur que leur pouvoir épiscopalne devint un danger pour l'autorité de l'abbé. Plus tard, après les croisades,les couvents ont pu facilement se passer de ces moines évêques et les rem-placer par des évêques in partibtis, le Mont-Cassin l'a fait plus d'une fois.
Voici, d'après les Rcgesla Pontif. romanorum, la bibliographie de ces deuxdocuments d'Adrien I. — Jaffe-Loewenfeld, Reg. Pontif. roman., 2452 :Hadrianus I (772-795) monasterii S. Martini (Turonensis) privilégia con-firmât, in his « ut liceat ibidem habere episcopum ». (Scriptum p. m.Eustachii notarii et scrinarii sed. nostrœ in mense Junio, indic. IX. Carolopatritio Romanorum). Gallia Christ., XIV. instrum., p. 8; Launoiiopp. III, II, 28; Le Cointe, Annal, ecclesiast., VI, 295; Monsnyer,