XIX
ni Pierre Diacre, ni les nombreux écrivains du Mont-Cassin dans les siècles suivants, n'ont revendiqué l'évêquede Nusco comme une de leurs gloires; s'ils ne l'ont pasfait, c'est que saint Aimé de Nusco et Aimé du Mont-Cassin étaient pour eux des personnages distincts ;
3° Les documents cités plus haut prouvent que l'auteurde l'histoire des Normands a été, pendant au moinsvingt ans, moine au Mont-Cassin, de ioéo à 1080; or,les textes liturgiques, concernant l'évêque de Nusco, nedisent de lui rien de semblable ; un tel silence est évidem-ment significatif; ces textes liturgiques établissent mêmeque le futur évêque de Nusco n'a pu résider comme moineau Mont-Cassin de 1060 à 1080. Ils rapportent qu'ilfut successivement prêtre et archiprêtre dans son paysnatal et qu'il y mourut, après avoir été environ quarante-cinq ans évêque de Nusco. Or, en. 1060, l'auteur del'histoire des Normands est au Mont-Cassin, n'a pasencore reçu la prêtrise et reste dans ce monastère au moinsjusqu'en 1080. Ce n'est donc qu'après 1080 qu'il auraitpu aller à Nusco, pour y devenir prêtre, archiprêtre etévêque ; mais où placer alors les longues années de cetépiscopat puisque Aimé, évêque de Nusco est mort en1093? 0° voit qu'une telle supposition est contreditepar les faits les mieux établis et que Champollion-Figeacs'est trompé du tout au tout.
Mais alors de quel diocèse l'auteur de l'histoire desNormands a-t-il été évêque ? Pour résoudre cette question,il faut, je crois, examiner quelle était au xi e siècle lasituation hiérarchique de l'abbé du Mont-Cassin et, engénéral, celle des abbés des monastères bénédictins au