XIV
l'ouvrage d'Aimé. Si Baluze et ceux qui ont partagé sonsentiment avaient eu cette traduction entre les mains, àdéfaut du texte original, ils n'auraient jamais cherché àidentifier un moine du Mont-Cassin, né certainementdans l'Italie du sud, s'y trouvant encore en 1078, avecun Béarnais, évêque d'Oleron en 1074, et absorbé, dèscette époque, par le gouvernement de son diocèse et lagestion des affaires ecclésiastiques du sud-ouest de laFrance.
Champollion-Figeac admet qu'Aimé, l'auteur del'histoire des Normands, n'est pas le même qu'Aimé,évêque d'Oleron et plus tard archevêque de Bordeaux (1),mais il veut prouver que l'Aimé du Mont-Cassin est devenuévêque de Nusco (Nuscum Hirpinorum), évêché suffra-gant de l'archevêché de Salerne, et cette hypothèse n'estpas plus admissible que l'était celle de Baluze. Il y a bieneu au xi e siècle un Aimé, évêque de Nusco, mais sa bio-graphie, comme nous allons le voir, ne permet pas dereconnaître en lui l'auteur de l'histoire des Normands.
On comprend l'embarras des Bollandistes lorsqu'ils onteu à écrire la vie et à élucider les actes de saint Aimé,premier évêque de Nusco ; ils n'avaient guère à leur dispo-sition que des documents apocryphes ou d'une autoritétrès contestable et en outre devenus, dans l'Italie du sud,l'objet d'une polémique d'autant plus interminable queles combattants visaient surtout, au lieu de chercher lavérité, à rehausser les origines de telle église ou de telcouvent. De là, dans la dissertation des Bollandistes, des
(1) Prolégomènes, p. XLIV.