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jusqu'en 1078, et, lorsqu'il la composa, Aimé était reli-gieux au Mont-Cassin et sous la juridiction de l'abbéDidier. Ainsi, en dédiant son ouvrage à Didier, Aimé luiécrit : « O la licence et bénédiction vostre et o tout l'aidede la grâce de Dieu, ai-je comencié secont ce que jeavoie en cuer ; et li fait de li Normant, liquel sont dignede notre mémoire, ai-je en VÏÏI volume de livre distincte.Et a ce que non soit fatigue de chercier a ceuz quivolissent alcune chose lire de l'ystoire, chascun volumeai-je noté o cert capitule; en toute ceste choze plus voilleestre a vostre jugement, Père, que de moi escriptor » (1).L'histoire des Normands en VÏÏI livres était donc termi-née lorsque Aimé la dédiait à Didier ; il n'a pu par con-séquent écrire cette dédicace, avant 1078 et, à cette date,il n'est que simple moine (dans-cette même dédicace, unpeu avant le passage cité, il va au devant de l'objectionqui pourrait lui être faite que « non convient a un moineescrive les batailles de li seculer » (2) et moine au Mont-Cassin. Tout son désir est de rester jusqu'à la fin de sesjours dans sa studieuse retraite et d'avoir l'abbé Didierpour lui fermer les yeux ; ainsi il écrit dans l'histoire desNormands, livre ÏÏI e , c. 49 : « Je desirre de morir a lotemps de cestui saint abbé (Didier), et voil qu'il viveaprès ma mort. Et que cestui à l'ultime jor de ma vie meface l'absolution de mes péchiez » (3).
Il est, je crois, inutile d'insister sur cette démonstrationdevenue facile depuis que nous avons la traduction de
(1) Cf. infra la dédicace de l'ouvrage à Didier, abbé du Mont-Cassin.
(2) Cf. infra la dédicace de l'ouvrage.
(3) Cf. infra, livre III, c. 52.