XI]
France (h) et par le Gallia Christiana (2). Marca n'avancerien de semblable ; dans son Histoire de Béarn, publiéeen 1640, par conséquent près de quarante ans avant lesmélanges de Baluze, il se contente d'affirmer, sans ledémontrer, qu'Aimé, évêque d'Oleron, ensuite arche-vêque de Bordeaux, était originaire du Béarn : « le païsde Béarn qui a produit un personnage de si grande consi-dération » (3).
Les documents que nous possédons aujourd'hui per-mettent d'affirmer que le sentiment de Baluze est inad-missible ; Aimé du Mont-Cassin et Aimé, évêque d'Oleron,sont deux personnages contemporains, il est vrai, maisqu'on ne saurait identifier.
Il est plusieurs fois question de cet évêque d'Olerondans la correspondance de S. Grégoire Vïï; la premièremention se trouve dans une lettre de ce pape, écrite enseptembre 1074 et adressée à Isembert, évêque de Poi-tiers (4). Elle nous apprend qu'à cette date Aimé étaitévêque d'Oleron, légat du pape et investi de la confiancedu Saint-Siège qu'il représentait. L'année où l'évêqued'Oleron prit possession de son siège, n'étant pas connued'une manière précise, nous nous contenterons de cettedate de 1074; elle suffit à notre but, car il est certainqu'en 1074, Aimé du Mont-Cassin, l'auteur de l'histoiredes Normands, n'était pas évêque d'Oleron. Cette his-toire des Normands va — nous le verrons plus tard —
(1) T. IX, p. 226, sqq.
(2) T. II, p. 806.
(3) Histoire du Béarn, p. 328.
(4) Gregoru VII. Regist. II, 2, p. 109 sq. des Monumenta Gregoriana deJaffé. Berlin, in-8°, 1865.